Célébrons la résistance ! : Journée internationale des droits des femmes

KREYOL | Ann selebre rezistan nou ! : Jounen entènasyonal dwa fanm
ENGLISH | Celebrate the resistance! : International Women’s Rights Day

Déclaration de KAY FANM à l’occasion du 8 mars 2021

Le contexte sociopolitique est difficile, tant pour les individus que les organisations. Ce contexte s’est davantage compliqué depuis le 7 février 2021, avec l’autoritarisme assumé du pouvoir en place, le délabrement vertigineux des institutions, les agressions incessantes et meurtrières des gangs armés, les violences policières récurrentes, la dégradation continuelle des conditions de vie déjà précaires de la grande majorité de la population, en particulier des femmes.

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RÈL ÒGANIZASON FANM YO POU JOUNE MONDYAL DWA FANM 2018 : Antifeminis nan Leta

SOFA (Solidarité fanm ayisyèn), Kay Fanm, Fanm Saj, AFASDA (Asosyasyon fanm solèy d Ayiti) ak Fondasyon Toya mete ansanm pou make jounen 8 mas la ak yon sitin ki gen 7 estasyon : Plas Katrin Flon sou Channmas, Palè nasyonal, Ministè Lajistis, OMRH (Ofis manajment ak resous iemèn), OPC (Ofis pwoteksyon sitwayen), Primati ak Palman.
DEKLARASYON KAY FANM – 8 mas 2018
DEKLARASYON SOFA – 8 mas 2018

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12 janvier

Pour commémorer cette journée du souvenir qu’est le 12 janvier, les féministes de la CONAP (Coordination Nationale de plaidoyer pour les droits des femmes) se retrouveront de 10h00 à 1h00 pm au local de la SOFA (Solidarité des femmes haïtiennes), au 9 rue Villemenay, Bois Verna (en face de Radio Kiskeya).

Rejoignez-nous pour saluer collectivement la mémoire de tous/toutes nos compatriotes disparus, en particulier celle de nos sœurs féministes (Anne-Marie Coriolan, Magalie Marcelin, Myriam Merlet) et des autres femmes fauchées le 12 janvier 2010.


Données 2009-2011 sur les violences faites aux femmes

 

La Concertation nationale contre les violences faites aux femmes, dont fait partie Kay Fanm, publie les données partielles 2009-2011 des cas de violence conjugale à Port-au-Prince. Les organisations et institutions membres du réseau de la Concertation nationale ont répertorié en 24 mois -de juillet 2009 à juin 2011- 3 098 cas de violence, frappant des hommes et des femmes issus des régions suscitées.

Sur ces 3 098 cas,  858 concernent des hommes (28%) et 2 240 des femmes (72%). Les cas ont été traités à partir de la Fiche nationale d’enregistrement.

67% des cas de violence (hommes et femmes) ont été enregistrés par le secteur santé,  25% par des organisations de femmes (qui accueillent 34.5% des femmes violentées, les réfèrent pour la prise en charge médicale et assurent leur accompagnement psychosocial et légal) et 7% par le secteur justice (Tribunaux de Paix et Parquet).

DONNÉES JUIL 2009 – JUIN 2011, CONCERTATION NATIONALE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES (PDF)
Pour rejoindre Kay Fanm:
11, rue Armand Holly, Pacot
Tel: 28-16-21-33 / 28-16-21-34 / 29-40-58-37 / 29-41-58-37
Courriel : info@kayfanm.org

 


25 novembre: Kay Fanm partout au pays

Kay Fanm a profité de la période entre la Journée internationale contre la violence faite aux femmes le 25 novembre et la commémoration de la Déclaration universelle des droits de la personne le 10 novembre pour déployer une série d’activités dans les zones les plus affectées par le séisme et les zones d’intervention des membres de la Concertation nationale contre les violences faites aux femmes. Des séances d’animation, de distribution de matériel d’information, de référence et de sensibilisation, l’affichage de posters et des interventions dans les médias ont eu lieu durant cette période symbolique dans le Département de l’Ouest, celui du Sud-Est et le Département des Nippes.


La directrice de Kay Fanm invitée au Canada

Une des présentations de Yolette Jeanty, ici avec des membres de la coopération canadienne.

La directrice de Kay Fanm Yolette Jeanty termine aujourd’hui un voyage officiel de quelques jours au Québec et au Canada où elle a participé à plusieurs conférences et rencontres grâce à l’invitation de l’Association québécoise des organismes en coopération internationale (AQOCI). Elle a été ainsi l’une des invités de marque d’une conférence la semaine dernière à Montréal de l’AQOCI en collaboration avec le Regroupement des maisons d’hébergement du Québec. La conférence dans le cadre des Journées québécoises de la solidarité internationale avait pour thème le mouvement des femmes et la mobilisation citoyenne en Haïti. Elle a permis d’aborder les différentes problématiques actuelles auxquelles sont confrontées les femmes haïtiennes ainsi que les possibilité de renforcer le réseautage entre certains organismes québécois et Kay Fanm. Cet événement a été organisé par le Comité québécois femmes et développement de l’AQOCI et le Comité de solidarité Trois-Rivières.

Madame Jeanty a d’ailleurs été invitée dans les studios de la radio de Radio-Canada où elle a accordé une entrevue à l’animateur Frédéric Laflamme qui est disponible sur le site de Radio-Canada.


Konsètasyon Nasyonal salye memwa militant Sonia Pierre

La Concertation Nationale salue la mémoire de la militante Sonia Pierre

Konsètasyon Nasyonal kont vyolans sou fanm (Konsètasyon Nasyonal) aprann ak kè kase, kè sere nouvèl lanmò sibit dominkèn-ayisyèn Sonia Pierre; Yon militant dwa moun, an patikilye dwa Ayisyen ak Ayisyèn k ap viv an Dominikani.

Sonia Pierre, fondatris òganizasyon MUDHA (Movimiento de mujeres dominico-haitianas/Mouvman fanm dominikèn-ayisyèn), te angaje ak detèminasyon e san pran souf nan batay pou defann dwa moun, espesyalman dwa fanm, dwa Ayisyèn ki imigre an Dominikani. Nan semenn ki sot pase yo, Sonia te anba gwo atak; Yon kanpay ki te gen kòm makfabrik anti ayisyen, kote se nasyonalis radikal ki t ap bouyi li, etan yo t ap fè menas lanmò sou Sonia Pierre ak fanmi li. Men, menas ak atak pa t janm rive fè Sonia Pierre bat ba nan batay pou lajistis, pou tabli rapò balanse nan sosyete a.

Konsètasyon Nasyonal prezante tout senpati li bay fanmi Sonia Pierre, zanmi li, sè li yo nan mudha, tout kanmarad li yo an Dominikani ak ann Ayiti.

Militantis Sonia Pierre ak kòz li pa sispann plede yo, pèmèt gen pwogrè enpòtan nan batay pou fè respekte dwa moun. Egzanp sa a ap yon sewòm pou rapouswiv ak batay endispansab sa a.

Pòtoprens, 5 desanm 2011
Pou Komite Kòdinasyon an
Dr Nicole Magloire


L’impunité ne peut être le destin d’Haïti

L’arrestation de Jean-Claude Duvalier le 18 janvier dernier – Photo: Thony Belizaire / AFP

Dans la foulée du dépôt du rapport On ne peut pas tuer la vérité d’Amnesty International, le Collectif contre l’impunité réaffirme son refus de la négation du droit et donc de l’impunité qu’elle engendre. «Juger Jean-Claude Duvalier peut être une opportunité de transformer notre système de justice, d’ouvrir la voie pour exiger que d’autres violateurs, quels qu’ils soient, rendent comptent à la nation», rappelle le dernier communiqué du Collectif, L’impunité ne peut être le destin d’Haïti, publié le 22 septembre.

Regroupant des plaignants-es contre l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier et différentes organisations de défense des droits humains dont KAY FANM, le Collectif contre l’impunité est très inquiet quant aux risques, dans le contexte actuel, que l’on n’assiste pas à la tenue d’un véritable procès équitable «mettant en lumière les mécanismes de la dictature duvaliériste».

Trois commissaires du gouvernement se sont succédés depuis l’ouverture du dossier et aucun appui technique ou recherche de preuves n’a été demandé à d’autres pays ou instances comme la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH). Pendant ce temps, l’ex-dictateur profite de mesures réinstaurées en catimini comme la pension présidentielle et la restitution de biens saisis «malgré les poursuites engagées par l’État à son encontre ; poursuites introduites depuis 1987 et reprises en 2011», précise le communiqué.

Le rapport On ne peut pas tuer la vérité d’Amnesty International est disponible en PDF et en HTML sur le site web d’Amnesty. La conférence de presse dévoilant le rapport s’est tenue malgré les troubles causés par les avocats de Jean-Claude Duvalier et une dizaine de ses partisans venus intimider les personnes présentes.

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COMMUNIQUÉ « L’IMPUNITÉ NE PEUT ÊTRE LE DESTIN D’HAÏTI »

22 septembre 2011, Port-au-Prince

Collectif contre l’impunité

Des plaingants-es, contre l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier et consort, et des organisations de défense des droits humains
Centre œcuménique des droits humains (CEDH)
Kay Fanm (La maison des femmes)
Mouvenement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement (MOUFHED)
Réseau national de défense des droits humains (RNDDH)

Dès le retour en Haïti le 16 janvier 2011 de l’ex Président à vie Jean-Claude Duvalier, des Haïtiens et Haïtiennes se sont mobilisés pour dire NON à l’accommodation à l’inacceptable; Pour rappeler que notre «pays qui s’était libéré d’un effroyable système d’esclavage, qui avait aidé les combattants de la liberté à travers les Amériques» ne pouvait jeter un tel héritage par-dessus bord et «offrir refuge à ceux-là même qui ont lentement exterminé […] le peuple haïtien, dans le marécage de Fort-Dimanche et partout dans le pays profond. […] Refuge et impunité à ceux qui avaient tranquillement détourné l’argent du pays, dépensant et gaspillant à tous vents, le confiant à la garde de banques étrangères (1)».

Des organisations citoyennes de divers pays et des instances internationales se sont également élevées pour réclamer que l’ex dictateur réponde des crimes contre l’humanité commis sous son règne. Amnistie internationale rappelait que « Tout au long des quinze années pendant lesquelles Jean-Claude Duvalier a occupé le pouvoir (1971-1986), la torture systématique et les autres formes de mauvais traitements étaient monnaie courante en Haïti (17 janvier)». La Concertation pour Haïti (CPH) de Montréal soulignait que «La justice, l’une des bases fondamentales de la démocratie, doit être incluse dans le plan de reconstruction d’Haïti. Sa refondation passe inexorablement par la fin de l’impunité (20 janvier)». Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme rappelait «qu’Haïti a l’obligation d’enquêter sur ces violations graves des droits de l’Homme commises pendant le règne de M. Duvalier qui sont bien documentées. Haïti a également l’obligation de poursuivre ceux qui sont responsables (1er février)». Le Secrétaire général de l’ONU soutenait qu’il «est capital que les autorités haïtiennes prennent toutes les mesures juridiques et judiciaires pour régler cette affaire. Traduire en justice ceux qui se livrent à des crimes contre leur propre peuple, est un message clair aux Haïtiens que l’impunité n’est pas de mise dans le pays (mars)». Suite aux démarches entreprises en mars par le Collectif contre l’impunité, la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) a produit le 17 mai une Déclaration qui rappelle à l’État haïtien son «obligation internationale d’enquêter sur les graves violations des droits humains commises sous le régime de Jean-Claude Duvalier et, s’il y a lieu, d’en punir les auteurs ».

Les plaintes déposées à date, au Tribunal de première instance de Port-au-Prince, ont été considérées recevables et ont été traitées. Le cabinet d’instruction a procédé à des auditions, entre févier et juillet, et a transmis au début du mois de septembre le dossier au Commissaire du gouvernement (Procureur). Ce dernier devra sortir une ordonnance. Au regard des déficiences et dysfonctionnements du système judicaire, le dossier a relativement bien avancé au niveau des premières étapes du processus.

Cependant, le contexte actuel fait peser d’énormes risques quant à la tenue d’un procès digne de ce nom; un procès sérieux, équitable, mettant en lumière les mécanismes de la dictature duvaliériste. Aucune disposition n’a été prise pour bénéficier concrètement de l’appui technique de la CIDH; Aucune demande d’informations, de recherche de preuves n’a été produite par devant d’autres pays ou instances; Depuis l’ouverture du dossier, trois Commissaires du gouvernement se sont succédés; Des mesures sont adoptées en catimini afin de restaurer l’ex dictateur dans des prétendus droits (pension présidentielle, restitution de biens saisis), ce malgré les poursuites engagées par l’État à son encontre; poursuites introduites depuis 1987 et reprises en 2011.

En choisissant, en dépit des difficultés connues, de porter plainte contre l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier, les parties prenantes du Collectif expriment et persistent dans leur refus de la négation du droit et donc de l’impunité qu’elle engendre. Juger Jean-Claude Duvalier peut être une opportunité de transformer notre système de justice, d’ouvrir la voie pour exiger que d’autres violateurs, quels qu’ils soient, rendent comptent à la nation.

Port-au-Prince, le 22 septembre 2011
Pour le Collectif contre l’impunité
Danièle Magloire