Omaj pou rezistan ak rezistant kont okipasyon meriken la (1915-1934)

105 ans de l’occupation militaire d’Haiti 
28 jiyè 1915 – 19 out 1934

Rann omaj bay konpatriyòt ki te kanpe an kwa kont okipasyon an, sa vle di tou montre rekonesans pou sila ki travay pou fè konnen tout devire tounen moman enpòtan sa a nan listwa nou : istoryen ak istoryèn tankou Roger Gaillard, Suzy Castor, Kettly Millet, Alain Turnier, Georges Corvington; chèchè ak chèchèz tankou Myrtha Gilbert.
Ochan pou […] Anne-Marie Emmanuel, ki se manman Charlemagne Péralte, ke yo sitou konnen sou non Madan Macénat Péralte, akòz tradisyon fè fanm disparèt dèyè non mari yo. […]
Ak tout kalite represyon, solda meriken yo te fè peyizan ak peyizàn nan Plato santral peye chè rezistans yo. Fanmi Péralt te pami viktim yo. Kwaksa, Anne-Marie Emmanuel-Péralte pa t janm sispann solidè ak kòz pitit gason li an t ap defann. Pou respekte angajman Péralt, li pa t aksepte kondisyon ki te mete pou remèt li kadav la. Konsatou, peyizàn yo te rantre nan batay la tou. Gen fanm Kako ki te pran lèzam, gen lòt ki t ap okipe bay lame rezistans lan enfòmasyon oswa apwovizyone li. […]
Ayibobo brav pou rezistan ak rezistant nou yo !

Sous : Danièle Magloire, Kay Fanm, 28 jiyè 2016. Komemorasyon 100 lane lokipasyon meriken.

Yon fanm ki gen zanm nan men l

Mobilisation des femmes contre l’occupation

Les prémisses du mouvement féministe haïtien remontent à la période de l’occupation militaire étasunienne d’Haïti (1915-1934). Dans le cadre des actions menées par l’Union patriotique —un groupe fondé par des intellectuels opposés à l’occupation— des Haïtiennes, issues de la petite bourgeoisie et de la bourgeoisie, se sont mobilisées dans les villes pour contester cette « domination totale », comme le faisait déjà des groupes de paysans et paysannes en armes. En lien avec cette résistance à l’occupation, mais de manière autonome, ces femmes vont constituer une antenne locale de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (1926), s’organiser pour indexer, en tant que facteur déterminant de la dynamique de l’occupation une question oblitérée dans les autres espaces de contestation : les agressions sexuelles perpétrées par les marines envers les femmes et les filles. Les stratégies développées (sensibilisation et information au niveau national et international) leur ont permis d’investir l’espace public avec des revendications spécifiques concernant les droits humains des femmes. Ce faisant, les Haïtiennes se sont posées comme sujet politique exigeant leur agentivité.

« D’un apport appréciable se feront les femmes à des moments forts de la longue lutte en faveur de cette désoccupation. Dès la création de l’Union patriotique (juillet 1915) et au fil de l’implantation de ses 41 filiales de province, en effet, nombreuses les retrouvera-t-on déjà, dans les maisons, les marchés et les lieux publics, occupées à la collecte de fonds indispensables aussi bien au soutien d’une campagne intérieure assidue contre l’occupant que pour l’envoi de délégués chargés de faire valoir, aux États-Unis mêmes, auprès d’instances influentes, les doléances haïtiennes. Quand, suite à une décision de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté d’ouvrir sur place une enquête sur le maintien d’une occupation de plus en plus décriée, arrivèrent, en 1926, à Port-au-Prince les délégués Paul Douglas, Emily Green Balch et Grace Watson, ce furent par les représentantes de cette Ligue en Haïti, Mmes Eugénie Malebranche-Sylvain et Pierre Hudicourt, qu’ils furent reçus et guidés. Enfin, nous devons à une initiative également féminine, en l’occurrence celle de Mmes Perceval Thoby, Thérèse Vieux-Clesca, Justinien Ricot, l’organisation, en 1930, de cette grande manifestation pacifique qui défilera dans les rues de la capitale à seule fin de notifier à la Commission Forbes cette volonté unanimement partagée de voir l’occupant débarrasser le sol d’une présence indésirable. » (Claude-Narcisse, 1997: 57).

Sur cette lancée, la première organisation féministe haïtienne, la Ligue féminine d’action sociale (LFAS), va formellement se constituer le 3 mars 1934. […]

Source (légèrement adaptée pour une meilleure compréhension hors-contexte) : Danièle Magloire (2018). « L’antiféminisme en Haïti », dans Déjouer le silence. Contre discours sur les femmes haïtiennes. Montréal, Éditions du remue-ménage et Mémoire d’encrier, p 199-212.

Source de l’image: Femme Cacos – Archives Cidihca Montreal

Omaj pou rezistan ak rezistant kont okipasyon meriken la 105 ans de l’occupation militaire d’Haiti 28 jiyè 1915 – 19…

Posted by Kay Fanm on 2020 July 29, Mèkredi