Kay Fanm travaille au développement d’un programme de bourses d’étude pour les jeunes filles et adolescentes victimes de violence sexuelles. Suite à de telles agressions, ces enfants sont souvent mis à la porte de la maison familiale avec un nouveau-né à leur charge, ce qui assombrit leurs perspectives d’avenir. Pour celles qui sont en domesticité, la plupart sont jetées à la rue par les familles-patrons dès que la nouvelle de leur grossesse est connue alors que ce sont souvent les hommes de ces familles qui sont à l’origine de leur état.

17 jeunes ont déjà bénéficié cette année du support  de Kay Fanm dans le cadre d’un programme de formation professionnelle orienté vers les métiers de la construction, en partenariat avec les Salésiens/OPEPB et Terre des Hommes Suisse.

L’objectif visé par Kay Fanm est de contribuer à la réhabilitation sociale des jeunes filles et adolescentes victimes de violence sexuelles en permettant à 60 filles/an d’atteindre un niveau d’étude plus avancé.

Kay Fanm estime que cet appui devrait faciliter leur intégration au marché du travail dans des conditions plus dignes.

Guerty Aimé

Les Haïtiennes et les Haïtiens resteront marqués par le séisme de 2010. Malgré les difficultés et les collaborateurs disparus, le centre Kay Fanm poursuit encore plus activement ses actions et offre maintenant trois nouvelles activités pour supporter les femmes et les victimes d’agression sexuelle. Celles-ci viennent s’ajouter aux activités existantes concernant la protection, la défense, la réhabilitation et à l’accompagnement des victimes d’agression sexuelle et conjugale (révision des plaintes, assistance légale, assistance médicale, médiation intra-familiale et de couples, hébergement, etc).

 – Services complémentaires pour les plus jeunes

Les plus jeunes membres du centre REVIV ont maintenant accès à un service de garderie avec éducatrice (0-4 ans) et des cours à distance (5-10 ans). Ces mesures visent à permettre aux filles-mères et leurs enfants d’entrevoir leur vie avec de meilleurs horizons économiques et une attitude plus sereine. Elles visent à favoriser des exercices sensoriels et moteurs pour les plus jeunes et à pallier aux accès difficiles à l’école. Le centre REVIV accueille des adolescentes victimes d’agression sexuelle et leurs enfants. REVIV est situé sur un site temporaire depuis l’effondrement de son centre d’hébergement lors du séisme du 12 janvier. Ce site accueille depuis l’été 2010 des dortoirs  temporaires réalisés grâce au support de l’UNIFEM.

– Formations professionnelles

Plusieurs adolescentes du centre REVIV reçoivent désormais des formations professionnelles offertes en collaboration avec la congrégation des Salésiens de Don Bosco et l’organisation Terre des Hommes Suisse. Ces activités de formation se divisent en deux catégories de profession, carreleur et électricien. Elles comprennent également une couverture d’assurance maladie, une cantine, des boites de lait pour les mères de jeunes enfants, des uniformes, le transport au centre de formation et des kits d’hygiène féminine.

Soutien économique aux marchandes

Kay Fanm a offert un soutien économique à 259 marchandes sinistrées suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010. 59 d’entre elles ont bénéficié d’un crédit pour tenir un petit commerce, un programme réalisé en partenariat avec International Rescue Committee (IRC). Une fois remboursée, ces fonds peuvent être réempruntés. Chaque mois, une partie des fonds de 10 000 gourdes (250 $US) sont ainsi remboursés sur une période de six mois et ensuite disponible à nouveau pour un nouvel emprunt. Les marchandes, regroupés en groupe de cinq, ont également reçu une mini-formation en gestion financière.

200 marchandes ont également participé au projet de recapitalisation de Kay Fanm. Ces marchandes sont issus de deux quartiers de Port-au-Prince ainsi que quatre communes de la ville de Miragoane (Miragoane, Paillant, Fond-des-Nègres, Petite Rivière). Elles ont aussi été accompagnées de formation en entrepreneuriat et leadership. Des formations d’alphabétisation de trois mois ont aussi été offertes à certaines d’entre elles.

Dans un article paru le 6 janvier 2011 par The Catholic Register, le journaliste Michael Swan salue le travail réalisé par Kay Fanm à travers son centre d’accueil REVIV. Ce centre accueille des fillettes et adolescentes victimes d’agressions et d’abus sexuels et les aide à retrouver une vie digne. En plus du traumatisme causé par cette violence, de nombreuses fillettes tombent enceintes. C’est un grand défi d’accompagner ces fillettes dont certaines ont à peine 13 ans, moralement, psychologiquement et médicalement pour les aider à mettre au monde leur bébé alors qu’elles sont encore elles-mêmes des enfants.

Le centre REVIV est le seul du genre en Haiti pour l’instant et le travail réalisé prend tout son sens dans le contexte actuel où plus d’un million de personnes vit sous les tentes et que la violence sexuelle est en nette augmentation.

Rappelons également que Kay Fanm accompagne les victimes et leurs familles à poursuivre les auteurs de ces actes criminels.

[Article publié le 6 janvier 2011 dans The Catholic Register]

by Michael Swan, The Catholic Register
Thursday, 06 January 2011 15 :38

In the tent camps around Port-au-Prince, in the collapsed and desperate slums of Cite Soleil, amid the violence of a chaotic city policed by United Nations troops from around the world there’s a pro-life story.

Kay Fanm (Creole for the House of Women) doesn’t call itself a pro-life organization. The Development and Peace partner proudly claims the title feminist. What Kay Fanm does, however, lifts up women and the value of life in the face of violence and the most corrosive poverty in the Western Hemisphere.

In the tent camps around Port-au-Prince, in the collapsed and desperate slums of Cite Soleil, amid the violence of a chaotic city policed by United Nations troops from around the world there’s a pro-life story.

Before the earthquake Kay Fanm ran one of the only women’s shelters in Haiti — a country where until 2005 rape was considered a crime against honour rather than a crime against a person. Now with more than one million people crammed into tent camps where there are no locked doors and the shadows at night hide all kinds of crime, Kay Fanm is seeing a steady stream of girls, many between 13 and 15, come to them pregnant.

“They arrive pregnant and give birth here,” Kay Fanm co-ordinator Yolette Jeanty told The Catholic Register.

Somebody has to prepare the girls for motherhood.

“They’re kids we are preparing to give birth,” said Jeanty. “They don’t have families. They stay with other kids.”

The program is called Revive. In addition to dealing with the trauma of the girls’ situation — whether they’ve been raped, seduced by an older man or surprised to discover they are pregnant — Kay Fanm tries to keep the girls in school or at least provide basic literacy and job training.

If not for Kay Fanm, no end of illegal and dangerous abortions are performed in Haiti. Given the state of health care, the girls chances of surviving child birth without Kay Fanm are low. Even before the earthquake, the maternal mortality ratio for Haiti was 670 for every 100,000 live births, according to Unicef.

The problem is bigger than Kay Fanm can deal with. They’ve got room for about a dozen girls at a time. They can offer financial support for 40 girls. Out there in the camps there’s an epidemic of sexual violence and a kind of brutal economy in which sex is traded for protection, food and shelter.

All of that means there’s good reason to help Kay Fanm with financing and strategy, said Development and Peace executive director Michael Casey.

“You look at that tragedy, that kind of thing happening to very young girls, the violence being perpetrated against women in the camps — the stuff that Kay Fanm is working with,” he said.

“Those are very, very important stories.”

“There’s a lot of sexual violence against little girls and adolescents,” said Jeanty. “Men are using violence to bring girls to bed. Or trading rice for sex.”

Kay Fanm does not advocate for abortion access because that won’t solve Haiti’s problem with sexual violence and predation. They do what they can for the girls who come to them.

“The situation in the camps has exacerbated the problem,” said Jeanty.

Le premier semestre de l’année 2008 a été marqué par un ensemble de procès de viols dont les victimes en majorité sont des fillettes âgées de 4 à 12 ans.

Sur neuf (9) dossiers suivis par Kay Fanm, en état d’être traduits par-devant un tribunal criminel, huit (8) ont été entendus au cours des assises criminelles sans assistance de jury, réalisées durant les mois d’avril et de mai dernier, à Miragoâne et Port-au-Prince. Les agresseurs ont tous été reconnus coupables. La durée des peines infligées est comprise entre 2 et 10 ans pour quatre (4) des procès et est de 15 ans pour les autres.

Dans le cadre de la session ordinaire du mois de juillet, le tribunal doit  se prononcer sur d’autres dossiers de viols traités et accompagnés par Kay Fanm.  Pour l’instant, un seul de ces cas a été confirmé pour être entendu le lundi 14 juillet 2008 à 10 h a.m.  Il s’agit d’un viol commis avec menaces et violence par le nommé Alouidor Jean Mirtho au préjudice d’une jeune femme de 21 ans.  Nous attendons donc la présence de la presse, des organisations de droits humains et de simples citoyens et citoyennes au palais de Justice pour supporter la victime et sa famille tout au long du déroulement des séances et/ou pour couvrir l’événement.

Port-au-Prince, le 12 juillet 2008

Le 7 septembre 2005, une fillette de 13 ans qui revenait acheter du pain, a sous la menace d’une arme été entraînée dans un corridor, puis violée. Cette fillette s’est retrouvée enceinte à la suite du viol.

Une autre adolescente de 17 ans a connu à peu près le même sort. Elle était accompagnée de son jeune frère lorsqu’un individu armé l’a empoigné au cou pour l’entraîner vers un trottoir. Cette adolescente a été violée sous le regard hébété de son frère.

Il est évident qu’une vie sociale, tranquille n’est plus facile pour les fillettes et adolescentes haïtiennes. La vie et l’intégrité physique de ces enfants en général et les femmes en particulier, sont de plus en plus menacées.

Néanmoins, elles ne vivent pas leur souffrance dans la solitude. Celles qui ont pu témoigner ont été écoutées, orientées. Elles ont pu sentir qu’elles n’étaient pas seules dans leur détresse par l’assistance que fournit Kay Fanm en matière psychologique, médicale et même légale dans les cas où l’agresseur est identifié.

Kay Fanm a inauguré au mois de décembre 2005 le centre REVIV. Ce nom dérivé du titre du programme (réhabilitation des victimes de violence) signifie en créole renaitre, retrouver la vie…

Le centre REVIV accueille de façon transitoire ou définitive des fillettes et des adolescentes victimes d’agressions sexuelles. C’est notre manière d’apporter notre contribution à la réhabilitation des mineures victimes d’agressions sexuelles. Plusieurs associations ont salué cette initiative et commencent à faire appel aux services dispensés par Kay Fanm. Ce centre est également un témoignage criant de la démission des instances de l’état face à la détresse d’une population dépourvue de toute protection.