PORT-AU-PRINCE – Les organisations de droits humains Kay Fanm, SOFA, RNDDH, CE, JILAP, CARDH, POHDH s’insurgent contre les propos irrévérencieux prononcés par l’ancien président Michel Joseph Martelly à l’encontre de personnalités publiques du pays à la suite de ses interventions le 9 février 2017, à l’émission Canal Musical, diffusée sur les ondes de la Radio Caraïbes, avec l’animateur – présentateur Marc Anderson Brégard, qui avait reçu l’ancien chef de l’Etat.

Au cours de cette émission, Joseph Michel Martelly s’est attaqué directement à deux journalistes connus, à savoir, Jean Monard Métellus et Marie Liliane Pierre-Paul faisant référence à eux, par des sobriquets, et utilisant des propos aussi regrettables qu’irrévérencieux, selon un document transmis au journal en date du 16 février 2017.

Michel Joseph Martelly a aussi profité du microphone qui lui était offert pour faire la promotion de sa méringue carnavalesque de 2017, qui, comme celle de l’année 2016, dénigre les journalistes susmentionnés. Il s’agit-là d’une atteinte grave à leur dignité et au principe général de respect mutuel. De plus, il est choquant que des médias et des particuliers acceptent de diffuser cette méringue qui, normalement, aurait dû être censurée par les autorités étatiques concernées.

Face à ces dérives, Kay Fanm – SOFA – RNDDH – CE-JILAP – CARDH – POHDH condamnent cette attitude de Michel Joseph Martelly qui, depuis l’accession à la magistrature suprême de son protégé Jovenel Moïse, fait montre d’une arrogance sans pareille et semble ne vouloir se courber à aucune règle morale et éthique.

Kay Fanm – SOFA – RNDDH – CE-JILAP – CARDH – POHDH regrettent qu’une telle émission ait pu se réaliser sur le lieu de travail du journaliste Jean Monard Métellus.

Par ailleurs, les encouragements et les rires égrillards de l’animateur – présentateur de l’émission, ainsi que des jeunes personnes présentes au studio, inquiètent au plus haut point les organisations susmentionnées, car ils témoignent d’un manque d’esprit critique et d’une mentalité sexiste clairement affichée.

Kay Fanm – SOFA – RNDDH – CE-JILAP – CARDH – POHDH estiment que ce comportement ainsi que les propos vulgaires et irrévérencieux de Michel Joseph Martelly avilissent la fonction de président qu’il a occupée pendant cinq (5) ans.

Haïti est aujourd’hui meurtrie ! Les actes de corruption, de malversation et de mauvaise gouvernance des autorités étatiques qui se sont succédé à la tête du pays ont laissé un Etat faible, ne pouvant offrir à ses ressortissants ni les services de base, ni les prestations auxquels ils ont droit.

L’arrestation de Jean-Claude Duvalier le 18 janvier dernier – Photo : Thony Belizaire / AFP

Dans la foulée du dépôt du rapport On ne peut pas tuer la vérité d’Amnesty International, le Collectif contre l’impunité réaffirme son refus de la négation du droit et donc de l’impunité qu’elle engendre. «Juger Jean-Claude Duvalier peut être une opportunité de transformer notre système de justice, d’ouvrir la voie pour exiger que d’autres violateurs, quels qu’ils soient, rendent comptent à la nation», rappelle le dernier communiqué du Collectif, L’impunité ne peut être le destin d’Haïti, publié le 22 septembre.

Regroupant des plaignants-es contre l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier et différentes organisations de défense des droits humains dont KAY FANM, le Collectif contre l’impunité est très inquiet quant aux risques, dans le contexte actuel, que l’on n’assiste pas à la tenue d’un véritable procès équitable «mettant en lumière les mécanismes de la dictature duvaliériste».

Trois commissaires du gouvernement se sont succédés depuis l’ouverture du dossier et aucun appui technique ou recherche de preuves n’a été demandé à d’autres pays ou instances comme la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH). Pendant ce temps, l’ex-dictateur profite de mesures réinstaurées en catimini comme la pension présidentielle et la restitution de biens saisis «malgré les poursuites engagées par l’État à son encontre ; poursuites introduites depuis 1987 et reprises en 2011», précise le communiqué.

Le rapport On ne peut pas tuer la vérité d’Amnesty International est disponible en PDF et en HTML sur le site web d’Amnesty. La conférence de presse dévoilant le rapport s’est tenue malgré les troubles causés par les avocats de Jean-Claude Duvalier et une dizaine de ses partisans venus intimider les personnes présentes.

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COMMUNIQUÉ « L’IMPUNITÉ NE PEUT ÊTRE LE DESTIN D’HAÏTI »

22 septembre 2011, Port-au-Prince

Collectif contre l’impunité

Des plaingants-es, contre l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier et consort, et des organisations de défense des droits humains
Centre œcuménique des droits humains (CEDH)
Kay Fanm (La maison des femmes)
Mouvenement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement (MOUFHED)
Réseau national de défense des droits humains (RNDDH)

Dès le retour en Haïti le 16 janvier 2011 de l’ex Président à vie Jean-Claude Duvalier, des Haïtiens et Haïtiennes se sont mobilisés pour dire NON à l’accommodation à l’inacceptable ; Pour rappeler que notre «pays qui s’était libéré d’un effroyable système d’esclavage, qui avait aidé les combattants de la liberté à travers les Amériques» ne pouvait jeter un tel héritage par-dessus bord et «offrir refuge à ceux-là même qui ont lentement exterminé […] le peuple haïtien, dans le marécage de Fort-Dimanche et partout dans le pays profond. […] Refuge et impunité à ceux qui avaient tranquillement détourné l’argent du pays, dépensant et gaspillant à tous vents, le confiant à la garde de banques étrangères (1)».

Des organisations citoyennes de divers pays et des instances internationales se sont également élevées pour réclamer que l’ex dictateur réponde des crimes contre l’humanité commis sous son règne. Amnistie internationale rappelait que « Tout au long des quinze années pendant lesquelles Jean-Claude Duvalier a occupé le pouvoir (1971-1986), la torture systématique et les autres formes de mauvais traitements étaient monnaie courante en Haïti (17 janvier)». La Concertation pour Haïti (CPH) de Montréal soulignait que «La justice, l’une des bases fondamentales de la démocratie, doit être incluse dans le plan de reconstruction d’Haïti. Sa refondation passe inexorablement par la fin de l’impunité (20 janvier)». Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme rappelait «qu’Haïti a l’obligation d’enquêter sur ces violations graves des droits de l’Homme commises pendant le règne de M. Duvalier qui sont bien documentées. Haïti a également l’obligation de poursuivre ceux qui sont responsables (1er février)». Le Secrétaire général de l’ONU soutenait qu’il «est capital que les autorités haïtiennes prennent toutes les mesures juridiques et judiciaires pour régler cette affaire. Traduire en justice ceux qui se livrent à des crimes contre leur propre peuple, est un message clair aux Haïtiens que l’impunité n’est pas de mise dans le pays (mars)». Suite aux démarches entreprises en mars par le Collectif contre l’impunité, la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) a produit le 17 mai une Déclaration qui rappelle à l’État haïtien son «obligation internationale d’enquêter sur les graves violations des droits humains commises sous le régime de Jean-Claude Duvalier et, s’il y a lieu, d’en punir les auteurs ».

Les plaintes déposées à date, au Tribunal de première instance de Port-au-Prince, ont été considérées recevables et ont été traitées. Le cabinet d’instruction a procédé à des auditions, entre févier et juillet, et a transmis au début du mois de septembre le dossier au Commissaire du gouvernement (Procureur). Ce dernier devra sortir une ordonnance. Au regard des déficiences et dysfonctionnements du système judicaire, le dossier a relativement bien avancé au niveau des premières étapes du processus.

Cependant, le contexte actuel fait peser d’énormes risques quant à la tenue d’un procès digne de ce nom ; un procès sérieux, équitable, mettant en lumière les mécanismes de la dictature duvaliériste. Aucune disposition n’a été prise pour bénéficier concrètement de l’appui technique de la CIDH ; Aucune demande d’informations, de recherche de preuves n’a été produite par devant d’autres pays ou instances ; Depuis l’ouverture du dossier, trois Commissaires du gouvernement se sont succédés ; Des mesures sont adoptées en catimini afin de restaurer l’ex dictateur dans des prétendus droits (pension présidentielle, restitution de biens saisis), ce malgré les poursuites engagées par l’État à son encontre ; poursuites introduites depuis 1987 et reprises en 2011.

En choisissant, en dépit des difficultés connues, de porter plainte contre l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier, les parties prenantes du Collectif expriment et persistent dans leur refus de la négation du droit et donc de l’impunité qu’elle engendre. Juger Jean-Claude Duvalier peut être une opportunité de transformer notre système de justice, d’ouvrir la voie pour exiger que d’autres violateurs, quels qu’ils soient, rendent comptent à la nation.

Port-au-Prince, le 22 septembre 2011
Pour le Collectif contre l’impunité
Danièle Magloire

 

Un acquis politique pourcombattre les discriminations et les violences de genre

[vèsyon kreole pi ba]

Depuis la création, le 8 novembre 1994, du Ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes (Mcfdf),il faut, à chaque changement de pouvoir, que le mouvement des femmes haïtiennes se mobilise pour dire Non aux velléités de nier cet acquis politique.

L’équipe du Président Michel Martelly ne se donne même pas la peine d’expliquer ce qui pourrait justifier la décision de fermer le Ministère à la Condition féminine. Au-delà des précautions de langage, c’est bien de disparition sur l’échiquier politique national qu’il s’agit, lorsque le Premier ministre désigné, M. Daniel-Gérard Rouzier, déclare que la Condition féminine sera intégrée au Ministère des Affaires sociales et du travail (MAST), sans moindrement préciser la nature de la structure en question.

Pourquoi cette volonté de priver le pays d’un instrument politique qui a permis de faire des avancées notables en termes d’égalité des droits pour 52 % de la population ?

Différentes arguties ont été avancées auparavant pour prétendre fermer le Ministère à la Condition féminine. Il y a notamment lieu de retenir : la disponibilité budgétaire, l’inefficacité et l’inutilité.

Disponibilité budgétaire : Pour 2010-2011, le budget du ministère à la Condition féminine a été d’environ 37 millions de Gourdes. Ces montants ne sauraient en aucun cas sortir le pays du marasme économique.

Inefficacité : Le ministère à la Condition féminine accuse certes des insuffisances, tout comme toutes les autres institutions de l’appareil d’État : Présidence, Primature, Parlement, Judicaire, ministères, mairies, collectivités territoriales et institutions indépendantes telles que le Conseil électoral, etc.

  • L’illettrisme et l’éducation au rabais sont des phénomènes patents. L’analphabétisme frappe davantage les femmes et les filles. La formation professionnelle est presque inexistante dans le secteur public.
  • La grande majorité des populations n’a toujours pas accès, de manière continue et satisfaisante, aux soins de santé. La plupart des femmes accouchent sans assistance médicale. La mortalité maternelle est l’une des plus élevée au monde ; Les familles monoparentales féminines sont légion dans le pays.
  • L’insécurité alimentaire est une donnée avec laquelle doit compter les populations, en particulier les groupes marginalisés ruraux et suburbains où prédominent les femmes. Le droit à l’alimentation n’est pas respecté. La paysannerie ne bénéficie pas d’un encadrement apte à lui permettre de se relever dignement et efficacement.
  • Les dysfonctionnements de la justice sont notoires. L’insécurité est un phénomène récurent, peu contrôlé.

Les ministères de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et de la justice, pour ne citer que ceux là, existent depuis fort longtemps, avec leurs faibles performances et l’absence d’esprit de service public Pourtant, il ne vient pas à l’idée d’un quelconque pouvoir de les fermer. Par contre, l’on menace de disparition l’une des institutions les plus récentes, le Ministère à la Condition féminine, qui pourtant a 17 ans d’existence.

Inutilité : L’existence du ministère à la Condition féminine se justifie par la nécessité de prendre en compte, au plus haut sommet de l’État, les rapports sociaux de sexe et leurs incidences dans tous les domaines. La mission du ministère est de promouvoir et défendre les droits fondamentaux des femmes/filles et, ce faisant, de contribuer à instaurer une meilleure cohésion sociale. Cela à travers la définition et l’application de politiques et programmes publics visant l’égalité des sexes, la lutte contre les violences de genre et la féminisation de la pauvreté, et en s’assurant du caractère transversal de ces orientations dans l’action gouvernementale. Cela répond aux prescrits de la Constitution de 1987 et aux engagements pris par Haïti en signant les conventions internationales relatives aux droits de la personne et aux droits spécifiques des femmes et des filles, en tant que personnes et citoyennes.

S’il s’agit réellement, comme se plait à le déclarer le Président Martelly, de redresser l’État et d’oeuvrer à l’édification d’une société fondée sur le droit et le respect des droits de la personne, il importe que le Ministère à la Condition féminine joue pleinement son rôle et soit plutôt résolument renforcé dans ses capacités pour la pleine réalisation de sa mission.

Les militantes des droits des femmes que sont les féministes rêvent du jour où le Ministère à la Condition féminine ne sera plus nécessaire, car les droits fondamentaux des femmes et des filles seront pleinement reconnus, respectés et l’égalité des chances sera une réalité tangible. Les féministes rêvent aussi du jour où la Secrétairerie d’État à l’alphabétisation n’aura plus de raison d’être, parce que les enfants des deux sexes non scolarisés, qui deviennent des adultes analphabètes, auront eu dès la petite enfance l’opportunité de recevoir une instruction de qualité qui leur permettra d’être des citoyens et citoyennes qui participent activement au devenir de leur pays.

Port-au-Prince, le 31 mai 2011

Pour Kay Fanm,

Danièle Magloire

 

Les organisations suivantes appuient la déclaration de Kay Fanm en faveur du maintien du Ministère à la condition féminine et aux droits. Ces organisations demandent au nouveau gouvernement et au Parlement de doter le ministère des ressources nécessaires à l’accomplissement de sa mission en matière d’égalité.

1. Concertation nationale contre les violences faites aux femmes ; Réseau national d’organisations

2. Centre de promotion des femmes ouvrière (CPFO) ; Région métropolitaine de Port-au-Prince, département Ouest

3. Fanm Yo La /Les femmes sont là (Collectif féminin haïtien pour la participation politique des femmes)

Région métropolitaine de Port-au-Prince, départements Sud, Sud-est, Nord

4. Mouvement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement (MOUFHED)

Région métropolitaine de Port-au-Prince, départements Artibonite, Ouest, Nord, Nord-est, Sud-est

5. Asosyasyon fanm solèy d Ayiti /Association des femmes soleil d’Haïti (AFASDA)

Départements Nord, Nord-est, Nord-ouest

6. Fanm lakay /Femmes du terroir ; département Nord

7. Kódinasyon fanm Nódès /Coordination des femmes du Nord-est ; département Nord-est

8. Mouvman fanm Nip /Mouvement des femmes de Nippes (MOFAD – Nippes) ; département Nippes

9. Mouvman fanm Ansavo /Mouvement des femmes d’Anse à veau (MOFA) ; département Nippes

10. Komite fanm Gabou /Comité des femmes de Gabou ; Commune de Petite Rivière, département Nippes

11. Groupman fanm Duverger /Groupement des femmes de Duverger ; Commune de Miragoâne, département Nippes

12. Rasanbleman fanm Nip /Rassemblement des femmes de Nippes (RAFANIP) ; département Nippes

13. Konbit fanm peyizàn Abraham /Rassemblement des paysannes de Nippes (KOFA) ; département Nippes

4ème section communale de Miragoâne, département Nippes

14. Alternative action verte ; Réseau d’organisations du département des Nippes
15. Groupement pour la relance de l’économie des femmes en association par coopérative (GREFACOOP)

Commune de Delmas, région métropolitaine de Port-au-Prince, département Ouest

16. Coalition des femmes de la 3ème circonscription de Port-au-Prince (KOFATRA) ; Martissant, département Ouest

17. Réseau des femmes progressistes pour le développement d’Haïti (RFPDH) ; département Ouest

18. L’espoir des femmes haïtiennes de Petit-Goâve (EFHPG) ; département Ouest

19. Association des femmes actives de Saint Louis du Sud (AFAS) ; département Sud

20. Femmes actives de la Savanne (FAS) ; département Sud

21. Association des femmes progressistes de Flamand (AFPF) ; département Sud

22. Association des femmes pour le développement des Anglais (AFDA) ; département Sud.

Dans le journal Le Nouvelliste (version électronique du 4 mai et publication du 5 mai 2011) figure un article, signé de M. Guyler C. Delva, intitulé «Reuters Foundation lance un forum sur la violence sexuelle contre les femmes ». Kay Fanm et SOFA (Solidarité des femmes haïtiennes) sont stupéfaites de voir que leurs noms sont mentionnés comme « groupes de défense des droits des femmes […] appelés à jouer un rôle important dans ce forum qui sera un lieu de discussions ouvertes sur la problématique de la violence sexuelle exercée contre les femmes ». Kay Fanm et SOFA tiennent à informer le public en général, les organisations de femmes et les organisations féministes en particulier, qu’elles ne sont pas impliquées dans ce forum de la fondation Thomson/Reuters qui se tient le vendredi 6 mai.

Danièle Magloire (Kay Fanm) et Olga Benoit (SOFA)

À  l’occasion du premier anniversaire du séisme du 12 janvier 2010, Kay Fanm exprime aux populations haïtiennes ses sympathies solidaires et s’incline devant la mémoire des centaines de milliers de personnes emportées par cette catastrophe.

Kay Fanm salue le courage des populations face à cette terrible épreuve ; les communautés directement frappées par le séisme  à Petit-Goâve, Grand-Goâve, Léogane, Jacmel et  dans  la région métropolitaine de Port-au-Prince. Kay Fanm rend hommage aux communautés des autres  régions affectées par les contrecoups du séisme et qui ont généreusement accueilli les personnes déplacées.

Kay Fanm tient également à saluer :

–  les hommes et les femmes de bonne volonté, qui n’ont pas hésité à payer de leur personne pour sauver leurs compatriotes ;
–  le personnel médical et infirmier ; aussi bien les équipes haïtiennes que cubaines qui ont apporté avec promptitude et dévouement les secours aux populations en détresse ;
–  les journalistes ; bien qu’aussi éprouvés, les équipes des radios se sont mobilisées pour relayer les informations, multiplier les appels à l’aide et offrir des paroles de réconfort aux personnes emprisonnées sous les décombres, en particulier à nos sœurs féministes ;
–  les communautés de la diaspora haïtienne, qui se sont  assemblées pour  envoyer des  secours, accompagner les familles, diffuser des informations, notamment au sujet des survivants et survivantes ;
–  les peuples des différentes contrées du monde, en particulier  de  la  République Dominicaine, d’autres pays de la Caraïbe et de l’Afrique, qui ont témoigné de leur compassion et de leur solidarité agissante ;
–  les féministes, notamment celles de la diaspora haïtienne, de la Caraïbe tout particulièrement de la Martinique, de l’Amérique latine et de l’Amérique du Nord ;
–  les organisations étrangères, qui construisent de longue date des relations de partenariat solidaire avec les associations locales et qui n’ont pas manqué de plaider la cause d’Haïti devant les instances décisionnelles de leur pays et au niveau international ; et qui ont aussi été vigilantes sur la question des effets déstructurants de l’aide humanitaire.

L’année 2010 nous a fortement éprouvés avec l’enchaînement de catastrophes qui se sont abattues sur notre pays : tremblement de terre qui a emporté des centaines de milliers de vies, jeté des familles à la rue puis dans des camps indignes ; ouragans et cyclones qui, en raison de la fragilité de notre environnement, ont causé des inondations dévastatrices ; épidémie de choléra qui a trouvé dans la précarité de nos conditions de vie un terrain fertile pour se propager ; pagaille électorale qui nous plonge dans l’incertitude à un moment où nous avons justement besoin de maîtriser notre avenir.

La commémoration du 12 janvier est une occasion de réfléchir sur notre devenir, sur les voies et moyens  pour  créer un cadre permettant de réunir les conditions nécessaires à une véritable reconstruction nationale, centrée sur les intérêts des populations.

 

Port-au-Prince, le 11 janvier 2011
Pour Kay Fanm
Yolette Jeanty et Danièle Magloire

NÒT POU LAPRÈS

PÈP AYISYEN, KALE JEN N, MOBILIZE POU DENONSE NOUVO ALYANS KOLON/KONZE KAP PARE POU RANPLASE REJIM MINISTA/INIKITE A

Echèk maskarad eleksyon 28 Novanm yo demaske nèt ale politik swadizan kominote entènasyonal la an Ayiti nan je toutmoun ki te vle kontinye kwè yo te la pou vin ede pèp Ayisyen konstwi demokrasi.

Katastwòf 12 janvye ak epidemi kolera  te deja montre  prezans  yo nan peyi a pa regle anyen an favè pèp la. Okontrè se kalamite sou kalamite k ap fwape peyi a pandan y ap gagote plizyè milya dola.  Nou louvri vant peyi a bay nouvo kolon pou vin pase diyite nou anba pye. Nou kraze tout sistèm defans nou jiskaske maladi ki pat ka frape n jwenn fason pou atake n. Ki debon trayizon sa a pote pou nou ? Kisa nou pat ka fè, prezans entènasyonal la pèmèt nou reyalize ? Chak jou pi plis, se nan labou imilyasyon,

katastwòf ak maladi n ap anfonse. Yo di yo pote demokrasi, ki pwogrè demokrasi fè pandan tout tan yo la a ?

Rejim MINISTA/INIKITE a  demaske, jodi a.  Maskarad   28    Novanm    yo ak    konplotay   anba   tab  y ap manniganse pou foure yon fòmil  politik pakoti lonje ba nou, se yon lòt prèv derespektans ak echèk kominote entènasyonal la. Y ap manniganse yon lòt alyans KOLON/KONZE pou foure nan gagann nou.  Devan magouy kominote entènasyonal la pou ba nou yon prezidan popetwèl, fèb, san diyite ki ka tounen yon maryonèt nan men l, KOREN  di : Pèp Ayisyen an, pap asepte ankenn fòmil separe gato anba tab pou voye maryonèt ki fin trayi pawòl yo, nan swadizan 2e tou.  Li pap kontinye lage peyi a bay yon ti klik politisyen ti koulout k ap pran lòd nan men nouvo kolon, pou fè l kontinye trayi rèv zansèt yo, enpi degrenngole nan yon abim san fen.

Se pat eleksyon prezidan sèlman ki t ap fèt 28 Novanm ; se pa kandida prezidan sèlman ki te genyen.  Magouy ak briganday ki fèt yo pase anba pye dwa tout moun, dwa tout sitwayen ak tout kandida.  Tout fòmil konpwomi ekzije omwen pou diskalifye pati ak kandida ki te fè eleksyon yo tounen yon briganday.

KORE N mande tou pou revoke manda KEP sa a epi jije reskonsab yo nan tout nivo leta a, ki gaspiye lajan peyi a, avili nasyon an, vyole dwa sitwayen yo epi lakoz plizye pitit pèp la andomaje osnon pèdi lavi yo.

KOREN ap fini poul di : alawonte pou se ta yon moun ki fin trayi pawòl li an piblik, nou ta pran pou prezidan peyi a ? Ki konfyans nou ka fè moun konsa pou defann enterè nasyon an ? N ap mande tout sila yo ki gen yon ti kras diyite toujou pou konprann fòmil avili yon moun anvan yo bal reskonsablite peyi a se yon demach pou avili nasyon an, pou febli l, pou ka kontwole l pi byen. Nan alyans

KOLON/KONZE a, zòt bezwen yon popetwèl san prestij pouka pase diyite nou anba pye pi fasil.

KOREN lanse yon apèl bay tout kouch nan popilasyon an pou kontinye mobilize pou konplo sa a pa pase. Pou nou jwenn yon antant nasyonal pou leve defi a nan respè, solidarite, ak diyite.

POU YON PÈP LIB NAN YOU PEYI GRANMOUN !

Pòtoprens, jou ki 30 novanm 2010 lan

Rudolph Prudent, Pòt Pawòl

Kolektif Solidarite, Idantite ak Libète (KSIL) – Kay Fanm / Inisyativ òganizasyon rejyonal nan depatman Nò, Nòdès, Nòdwès, Sant, Lwès, Sidès, Sid, Nip, Grandans, Latibonit

Not Pou Laprès

Kòdinasyon Nasyonal K ap Plede Kòz Fanm – KONAP, prezante kondoleyans li bay popilasyon tou patou nan peyi a ki pèdi fanmi yo, zanmi, kanmarad, kolèg yo nan tranbleman tè 12 janvye 2010 la. Avèk anpil respè, KONAP bese byen ba pou salye, memwa plizyè santèn pitit tè d Ayiti ki mouri nan Pòtoprens, Jakmèl, Leogàn, Tigwav ak Miragwàn anba katastwòf san parèy sa a.

Nan sikonstans sa a, KONAP vle salye yon manyè patikilye fanmi ak pwòch Magalie Marcelin, militant Kay fanm, Myriam Merlet, militant Enfofanm. Toulede kanmarad sè nou sa yo, pami manm fondatris KONAP epi yo te bay bonjan kontribisyon nan Komite Kodinasyon platfòm la. Salitasyon patikilye nou ale tou pou fanmi ak pwòch Anne-Marie Coriolan, manm fondatris Solidarite fanm Ayisyèn SOFA, youn nan 5 òganizasyon ki fòme komite kòdinasyon KONAP la. Menmjan an tou, KONAP adrese yon salitasyon patikilye pou fanmi ak pwòch Mirlande Dorvilus, manm SOFA avèk Bernadine Bourdeau, tou 2 se te resous nan biwo egzekitif SOFA.

Menm jan lanmò kanmarad sè nou yo kite gwo soufrans nan kè manm KONAP ak yon gran vid nan mitan mouvman fanm la, nou konnen anpil lòt sektè ap viv menm doulè sa a. Tranbleman tè 12 janvye 2010 la pa epaye okenn sektè nan peyi a : nan edikasyon, nan administrasyon piblik kou nan antrepriz prive, nan mache, nan izin, toupatou se anpil doulè, anpil lapenn. Timoun, jèn, granmoun ki mouri yo se venn nan kò peyi a ki koupe. Jodia, yon mwa apre, nou gen yon kantite moun, nou pa kapab konte, ki toujou anba dekonb. Kou di sa a, peyi d Ayiti pran an, ap dechire zantray nou, san nou pako wè klè kouman nou pral remanbre peyi a apre ravaj tranbleman tè sa a, ki vin angrave sitiyasyon Ayiti ki te deja difisil, epi ki ap kite gwo konsekans onivo sosyal, ekonomik ak politik.

Anne-Marie Coriolan, Magalie Marcelin, Myriam Merlet tankou lòt militan fanm kou gason, mouri san yo pa wè chanjman yo te kwè ladan li. Tranbleman tè 12 janvye a rache yo nan men nou san yo pa gen tan wè piplis nan rezilta batay yo te konsakre vi yo ap mennen. Ideyal fanm sa yo t ap defann, konba yo te angaje yo te parèt klè nan aksyon yo t ap mennen pou fanm yo jwi tout dwa yo, san sosyete a pa mete yo sou kote poutèt yo se fanm. Militant feminis sa yo t ap kontribye nan aksyon ki mare avèk objektif, pou nou rive konstwi yon sosyete kote ki gen jitis, egalite, yon manyè pou nou koupe fache ak esklisyon, pou pèp ayisyen an, sòti anba dominasyon, diskrimination ki chita sou baz sèks, ak sou baz klas sosyal. Angajman medam sa yo te montre detèminasyon ak volonte yo te genyen pou yo te konbat maspinay, dominasyon ak esplwatasyon sistèm patriyaka ak sistèm kapitalis la vle enpoze nou.

Ayiti pran kou, katastwòf 12 janvye a, se okazyon ki demontre solidarite ki genyen nan mitan pèp yo. Ayiti benefisye anpil solidarite ki sòti kote gouvènman yo, men anpil sitwayen/sitwayèn, pèp diferan peyi pote kole, pou fè solidarite avèk nou, menmjan anpil pitit peyi a ap fè li tou. Se yon seri jès ki ap make nan istwa peyi a. Ayiti pran kou, pandan anpil nan moun ki disparèt jou 12 janvye a t ap goumen pou yon peyi lib, endepandan, souveren, konsekans katasfwòf sa a menase plonje nou pi plis nan depandans politik, sosyal, ekonomik e menm kiltirèl. Anpil nan nou mouri, anpil nan nou disparèt men diyite nou, sans patriyotik nou ak detèminasyon nou pou n yon pèp granmoun dwe rete bousòl nou.

Konsa, nan memwa anpil lòt fanm ki mouri akòz tranbleman tè sa a, pandan yo t ap bay kontribisyon pa yo pou Ayiti vanse, tankou Mireille Neptune Anglade, Nicole Grégoire, Gina Porcéna, Marie-Michelle Gaspard, Myrna Narcisse-Theodore…, nan memwa anpil lòt fanm kou gason ki tap feraye nan divès milye ; sou tras Anne-Marie, Magalie, ak Miryam KONAP, kòm yon espas batay kolektif, ap kontinye kenbe labanyè lit fanm lan piwo posib. Menmjan Ewoyin nou yo te patisipe nan batay pou retire peyi a anba lesklavaj, fanm yo ap kontinye bay lebra ak lòt mouvman ki vle goumen pou yon chanjman total kapital nan enterè fanm yo, nan enterè mas popilè yo.

Mouvman fanm ayisyèn lan pran kou. Nan KONAP, n ap kontinye mete ladrès nou deyò pou n dekonstri sosyete patriyakal la nan chèche mennen yon lit òganize nan yon liy politik klè k ap pèmèt nou bati yon sosyete egalitè. Yon sosyete kote valè tankou libètè, souverènte, egalite, jistis, respè se yo ki règ jwèt la, yon manyè pou nou sòti nan esklisyon, pou nou sòti anba dominasyon ak diskrimination ki chita sou baz sèks, sou baz klas sosyal.

Yon moun nou pa konnen te ekri, « Dans le quotidien avec les autres, nous oublions trop souvent que toute vie, s’arrête un jour et que nous ne savons pas quand ce jour arrivera. »/ « N ap viv toulejou ak lòt moun, anpil fwa nou bliye, yon jou ou lòt, lavi yo k ap koupe, epi nou pa janm konnen ki lè jou sa a ap rive. » Lè nou leve madi 12 janvye, nou pat janm panse pitit nou, fanmi nou, kanmarad nou yo pa t ap la jodi a…

Ann mare senti nou, kontinye lite pou nou remanbre Ayiti, jenerasyon k ap vin apre yo ap kapab suiv tras nou.

Pou rèl koze n pale, n ap kontinye vanse !

Pou Komite Kòdinasyon KONAP,
Olga Benoit

(Komite Kòdinasyon KONAP : Fanm Deside Jakmèl – Kay Fanm – REFRAKA – SOFA)

Le premier semestre de l’année 2008 a été marqué par un ensemble de procès de viols dont les victimes en majorité sont des fillettes âgées de 4 à 12 ans.

Sur neuf (9) dossiers suivis par Kay Fanm, en état d’être traduits par-devant un tribunal criminel, huit (8) ont été entendus au cours des assises criminelles sans assistance de jury, réalisées durant les mois d’avril et de mai dernier, à Miragoâne et Port-au-Prince. Les agresseurs ont tous été reconnus coupables. La durée des peines infligées est comprise entre 2 et 10 ans pour quatre (4) des procès et est de 15 ans pour les autres.

Dans le cadre de la session ordinaire du mois de juillet, le tribunal doit  se prononcer sur d’autres dossiers de viols traités et accompagnés par Kay Fanm.  Pour l’instant, un seul de ces cas a été confirmé pour être entendu le lundi 14 juillet 2008 à 10 h a.m.  Il s’agit d’un viol commis avec menaces et violence par le nommé Alouidor Jean Mirtho au préjudice d’une jeune femme de 21 ans.  Nous attendons donc la présence de la presse, des organisations de droits humains et de simples citoyens et citoyennes au palais de Justice pour supporter la victime et sa famille tout au long du déroulement des séances et/ou pour couvrir l’événement.

Port-au-Prince, le 12 juillet 2008

Kominike Kòdinasyon Nasyonal k ap Plede Kòz Fanm (KONAP)

An desanm 2006, KONAP te pouse yon rèl, nan yon lèt tou louvri li te adrese bay Chèf Leta ak Reskonsab sekirite piblik ak lajistis yo, yon fason pou reveye konsyans kolektiv sitwayen ak sitwayèn nan peyi a tankou lòt bo dlo.  Lèt tou louvri sa a se te pou denonse sitirans fòs lokipasyon ak kominote entènasyonal la nan koze enpinite ki layite kò l nan tout kouch sosyal ak tout sektè nan sosyete a.

Menmjan an tou, KONAP te mande gouvèlman Preval Alexis a pran reskonsablite li pou frennen vann ensekirite a ki pa sispann simen laterè ak dèy nan popilasyon an. Se pou sa KONAP te pran pozisyon kont politik gouvèlman Preval Alexis a te chwazi chita sou negosyasyon avèk bandi k ap kenbe popilasyon yo annotaj, k ap sèvi ak kò fanm tankou teritwa lagè. Divès vwa ki te leve nan popilasyon an kont ensekirite, vyòl ak kidnaping, solidarite divès sektè anndan kou deyò peyi ak fanmi viktim yo, te mennen gouvèlman  souke kò li. Se konsa, nou te konstate yon ti alemye nan kesyon sekirite a. Men depi de (2) mwa, bandi ap fèredefè anba lavil la anpeche machann yo fè penitans yo. Nou anrejistre yon bann ka kidnaping toupatou nan Pòtoprens ak Okap. Gen kèk ka, malgre fanmi yo fin andete yo pou yo peye ranson, kriminèl yo ansasinen viktim yo kanmenm. N ap panse ak Kareem Xavier Gaspard, adolesan 16 lane bandi kidnapè yo tòtire. Yon ka ki sanble ak fason yo te ansasinen Farah Natacha Kerby Dessources.

Zak kidnapin k ap miltipliye san rete dènye jou sa yo fè nou menm òganizasyon fanm ki nan KONAP, ap poze tèt nou kesyon sa yo : Kouman nou kapab panse konstwi peyi, lè kidnapping vle bat do tout pitit peyi a k ap pati akòz ensekirite ? Kouman nou kab panse konstwi peyi, lè nenpòt ki sitwayen ou sitwayèn kapab retwouve l dwe tout cheve nan tèt li paske li te oblije prete pou l peye ranson ? Kouman nou kab panse konstwi peyi, lè chak ayisyèn, chak ayisyen kapab leve yon maten epi li wè tout sa l te posede kòm byen disparèt paske l oblije vann sa li posede pou peye ranson kriminèl egzije pou yo lage yon manm nan fanmi a ? Kouman nou kab panse konstwi peyi, lè kidnapping lakòz tout lavi ekonomik ak sosyal blije kanpe depi 5è nan apremidi ?

Prezidan Preval di pwodiksyon nasyonal se prensipal priyorite l jodi a, kouman pwogram pwodiksyon nasyonal kapab devlope nan yon klima ensekirite kote y ap dechèpiye machan madan Sara, youn nan pyès enpòtan nan chenn distribisyon manje nan peyi a ?

Tout kesyon sa yo fè nou kwè, anndan KONAP, kesyon sekirite a se pa yon kesyon gouvènman kapab adrese nan mòde lage. Gouvènman an pa kab kontinye ap aji chak fwa gen yon sitiyasyon grav, chak fwa gang ak bandi ame pase vitès siperyè nan teworize popilasyon an. Gouvèlman an dwe reflechi sou bon jan estrateji pou demantibile rapyetè tout rezo gang, malfektè ki vle simen dèy nan peyi a. Prezans lapolis toupatou, pwen kontwòl ak lòt dispozisyon ankò, dwe fèt toutan. Menmjan tou lajistis dwe aji prese prese pou mete kriminèl yo anba kòd.
Rèl ak soufrans manman Kareem Xavier touche tout fanmi, tout sitwayen ak sitwayèn… Nou pa kab kontinye konte kadav, nou pakab konsidere chak zak kriminèl sa yo kòm yon zak anplis. Se pou sa nan KONAP, nou di : Ase ! Nou mande dirijan peyi yo pran responsablite yo pou frennen vann ensekirite sa a, pou kriminèl san fwa ni lwa pa kontinye matirize, vyole, ansasinen pitit nou. KONAP mande, ki dispozisyon serye gouvènman an pran pou frennen ensekirite sa a ? Ki mezi serye li ap pran pou demantibile gang ame ak tout lòt gwoup ki patisipe nan monte kidnapin ? Ki bonjan plan gouvènman an defini pou kaba ak enpinite ? Enpinite a, kap sitire vyolans, koripsyon, trafik dwòg, zam ki gaye adwat agòch, ap layite kò l andedan tout sektè sosyal. Poukisa reskonsab Leta yo nan Palè, nan Palman, nan Lapolis, nan lajistis pa fè anyen pou mete dilè, kidnapè, kadejakè ak asasen anba kòd ?

Depi lontan, sitwayèn ak sitwayen ap lonje dwèt sou mankman nan volonte politik reskonsab Leta yo nan zafè politik nasyonal sekirite piblik, Kilè Ministè lajistis, PNH ap chèche jwenn epi deplòtonnen mwayen ak estrateji ki nesesè pou pwoteje lavi ak byen moun, retabli lapè ak sekirite anndan peyi a ?

Nou konstate, kriz politik yo toujou makonnen ak klima vyolans ak ensekirite. Menmjan ak 2006, menmjan ak 2007, nou konstate tou, vann ensekirite a louvri pi plis nan finisman lane eskolè ak nan mwa desanm. Ane 2008 la, nasyon ayisyèn la ap gen dlo nan je devan zak sasinay ki fèt sou Kareem sou kote yon bann lòt zak kriminèl ak kidnapin.

Depi 2 mwa, Chèf Leta ap gouvène san Chèf gouvèlman. Pa gen moun ki anchaje sekirite piblik la, pou pwoteje lavi ak byen popilasyon yo. Pratik kidnaping la k ap gangrennen sosyete a monte men wote, etan negosyasyon ap fet pou mete yon Premye Minis tounèf alatet CNSP. Kòm paraza, konjonkti a mande yon moun ki gen repitasyon li ta kapab pran mezi prese prese pou fèmen vann vyolans dilè kap fè trafik moun pou lajan. Nou mande ki kote vag kidnapin san fwa ni lwa sila a soti ? Jounen jodia, nap mande ki kote kalendriye lanmò sa a sòti ?

KONAP pataje soufrans manman, papa, fanmi ak zanmi Kareem Xavier Gaspard machin lanmò ensekirite a ansasinen. KONAP tande rèl elèv kanmarad Kareen, yon rèl ki touche nou nan zantray nou. Se pou sa n ap mete vwa nou ak lòt sitwayen ak sitwayèn pou di SETASE, bandi kriminèl kidnapè pakap kontinye ap simen dèy nan fanmi nou. Nan lespri sa a, KONAP apiye mobilizasyon rèl sitwayèn ak sitwayen nan koukouwouj kont kidnapin kap simen dèy kote fanm, ti fi, ti moun toujou pi plis viktim.

Sitwayen, Leta pran reskonsablite n ! Nou pap pran nan pyèj sa a. Nou pap kite ensekirite fini ak peyi a. KONAP mande jistis ak sekirite. Se sèl lajistis ki kapab frennen rèy terè gang ak bandi ame ak tout kriminèl k ap sèvi avèk sanginè sa yo pou regle koze yo.

Pou KONAP,

Olga Benoit
Jesi Chancy Manigat
Marie Ange Noël

8 mas Jounen Entènasyonal Dwa Fanm :

KONAP ap defann Dwa fondamantal pou konsève diyite fanm yo !

Ann rete mobilize pou n rive jwi dwa sosyo ekonomik yo,

Ann rete mobilize pou n rive jwi dwa pou nou gen jistis,

Pòtoprens, jou ki 7 mas 2008

Se pou sa, nan okazyon selebrasyon 8 mas 2008 la, KONAP ap mande Ministè Kondisyon Fanm ak Dwa Fanm, ki swivi Leta Ayisyen fè pou pèmèt fanm ki te viktim vyolans anba men 108 sòlda MINISTA yo jwenn Jistis. Nan deba piblik KONAP te reyalize ak reskonsab leta yo, nan mwa novanm 2007, Ministè a, pa lentèmedyè Direktris Jeneral li te pran angajman sou sa. Nan ki pwen dosye sa ye jodi a ? Nou pakapab selebre Jounen Dwa Fanm pou lopinyon piblik nasyonal ak entènasyonal la pa konnen ki suivi gouvènman an ak lòt reskonsab leta yo fè pou fanm ak tifi ki te viktim agresyon seksyèl anba sòlda lokipasyon yo jwenn jistis. Sitou lè nou konnen, konsekans vyolans konn lakòz fanm yo tonbe nan sitiyasyon povrete, lè yo blije kite kay yo, pèdi travay yo oswa lòt aktivite ekonomik yo te gen pou yo viv.

8 mas 2008 la, anplis batay n ap kontinye mennen pou nou jwi dwa sivil ak politik nou, nou kanpe pou nou defann dwa sosyal, ekonomik ak kiltirèl nou, tout dwa fondamantal ki defini nan « Pacte International relatif aux droits sociaux, économiques et culturels » epi ki garanti ak pwoteje fanm kou gason pou yo viv nan diyite. Kouman noumenm fanm nou kapab viv nan diyite nan yon peyi kote otorite yo ak boujwazi a ap inyore tout dwa fondalnatal sa yo ?

Depi plizyè lane popilasyon an ap rele anmwen akòz lavi chè. Dènye moman sa yo plizyè òganizasyon nan mouvman sosyal la koumanse pran lari sou sa. Nan moman selebrasyon jounen 8 mas ak dat 3 avril, jounen nasyonal fanm yo, keksyon pou leta fikse salè minimòm lan okipe deba nan lopinyon piblik la. Deba sou kantite lajan fòs travay yon moun dwe koute chita sou pwopozisyon 200 goud, swa $5 dola ak 19 santim, kont 150 goud, swa $3 dola 89 santim, pou yon jounen travay.

Reyalite lavi yon fanm k ap travay nan faktori kapab demontre aklè montan sa yo pa pote okenn diplis ki kapab amelyore sitiyasyon lavi yon travayè fanm kou gason. Ann gade. Nou konnen sou chak 100 fanm an Ayiti, plis pase 47 ladan yo, se yo ki rele, se yo ki reponn, sa vle di se yo ki gen chay fanmi yo sou do yo. Pifò fanm sa yo gen anmwayèn 4 pitit. Se nan sans sa a, n ap tabli yon egzanp, sou Anèt ki responsab yon kay ki gen 5 moun.

Anèt gen 4 timoun, l ap travay nan faktori :

Li bezwen chak jou, 5 bokit dlo pou limenm ak 4 timoun yo benyen, 2 bokit pou l prepare manje ak fè netwayay, anplis li bezwen 2 galon dlo pou l bwè. Sa ki fè pou dlo, Anèt depanse 80 goud lè nou konnen bokit dlo a koute 10 goud epi galon dlo pou bwè koute 5 goud.

Anèt dwe peye 70 goud pou transpò 4 timoun yo ak pou li ale travay, lè nou konnen kous machin nan se 14 goud ale/retou.

Si Anèt achte pate kòde pou li ak 4 piti li kòm manje maten, Anèt gen pou l depanse 50 goud lè, nou konnen yon pate kòde koute 10 goud.
Anèt pa gen posiblite monte chodyè apremidi, se pou sa li chwazi fòmil ki pi pratik pou li. Li al kay machann manje kuit la, li pran 2 chen janbe pou 100 goud pou li separe ak 4 timoun yo.

Sa ki fè an total, pou manje, e ki manje ?, pou transpò ak dlo, depans Anèt gen tan monte 300 goud pou jounen an, san konte lè Anèt ap lave, li bezwen plis dlo, savon elatriye. San konte tou pat dantifris, savon ak lòt pwodui twalèt, balèn oswa gaz lanp pou timoun yo etidye elatriye. Anplis, nou konnen lekòl timoun pou peye, lwaye kay ki 17 wotè, lè gen maladi menm, se tèt chaje pirèd.

Egzanp Anèt la montre aklè, menm pwopozisyon 200 goud ki te fèt pou fikse salè minimòm la pa anmezi kouvri depans minimòm nan bezwen yon ouvriye ak ouvriyèz genyen. Salè sa a pa menm pèmèt ouvriye-èz yo rekonstitiye fòs travay yo. Se pou rezon sa a ki fè nou estomake anpil lè n tande Asosiyasyon Endistriyèl Ayisyen (ADIH), deklare si salè minimòm nan, 150 goud se touye n ap touye tèt nou, n ap fè envestisè kouri.

Kifè la a, fòs kouray travayè ak travayèz pa gen valè ! Travay y ap fè pap janm pèmèt yo viv ak fanmi yo ! Travayèz ak travayè, oblije al fini nan sanatoryòm apre yo fin bay kouraj ! Lè feblès pa gen tan rete kè yo. Nan ka sa, keksyon nou anvi poze manm ADIH yo se, konbyen kòb yo depanse pou yo viv, konbyen kòb yo depanse nan yon sware lè y ap pran plezi yo ?

Nan KONAP, nou konnen byen, salè minimòm, pa sèl rezon ki kapab rale envestisè. Menm lè, Salè minimòm lan te ba, men si lòt kondisyon tankou ènèji ak tout lòt kalte travay enfrastrikti pa egziste, envestisè yo ap toujou kouri. E kòm leta pa sanble gen yon plan devlòpman klè pou mete bon jan sèvis, wout… tout sa yo rele enfrastrikti yo, alòs, nan bese salè minimòm nan, yo vle fè kwè yap atire envestisè sou mache entènasyonal la.

Pou tout rezon sa yo, noumenm fanm ki gwoupe nou nan KONAP, nan okazyon 8 mas 2008 la, nou solidè ak revandikasyon travayè ak travayèz pou yo gen yon salè ki pèmèt yo viv kòm moun. Konsa ap mare fòs nou ak tout lòt travayèz/travayè yo pou fè yon rèl pou nou mande responsab ki konsène yo, anpatikilye Palmantè yo, pou yo reflechi sou kondisyon travayè ak travayèz yo, konsidere bezwen yo ak dwa fondalnatal yo kòm moun, kòm travayè-èz pou yo kapab pran yon desizyon ki demontre yo gen volonte tout bon pou respekte dwa travayè ak travayèz yo.

KONAP mande tou, pou gen mezi akonpayman ki pran pou fèmen vàn k ap ponpe povrete a, k ap fè travayè ak travayèz yo pi pòv chak jou pi plis. Mezi tankou : magazen kominotè, relansman pwodiksyon nasyonal la, sibvansyon kèk pwodui premye nesesite e latriye… San mezi akonpayman sa yo, salè minimòm la pap gen okenn valè reyèl, paske li pap janm pèmèt travayè ak travayèz yo anmezi soutni yon bon kantite nan depans yo.

KONAP kwè se responsablite gouvènman an pou l asire byennèt popilasyon an. Ministè Kondisyon Fanm ak Dwa Fanm gen gwo wòl pou l jwe nan chèche solisyon pou frennen pwoblèm feminizasyon povrete a. Kidonk, yo dwe pan mezi pou kreye travay k ap pèmèt fanm yo viv nan diyite. N ap sonje, nan okazyon Premye me, Jounen Travay ak Agrikilti, 1er minis Alexis te deklare li pral enskri kreyasyon travay nan priyorite l, men jodi a, lè nou tande gouvènman sa a ap pale de travay, se de travay a “haute intensité de main d’oeuvre” Kesyon n ap poze tèt nou, eske travay pou ti bout tan sa yo kapab pèmèt yon peyi sòti nan mizè ? Ki plan gouvènman an genyen pou fanm yo, k ap bourike maten, midi aswè, pa tonbe nan mande lè yo fin granmoun, lè yo pakab travay ankò ?

8 mas 2008 la, fanm ayisyèn leve kanpe pou nou rive jwi Dwa nou,

Bonjan Kondisyon lavi mare ak bonjan sitiyasyon lavi, se sèl fason pou Dwa nou respekte.

Jwenn jistis ak jistis sosyal se dwa fondalnatal nou.

Respè ak jwisans Dwa sa yo, se sa ki diyite nou pou nou viv kou moun.

Fanm ayisyèn ann kenbe banye mobilizasyon nou.

Pòtoprens, jou ki 7 mas 2008

Pou KONAP,

Olga Benoit
Jesi Chancy Manigat

C.C KONAP : ENFOFANM, KAY FANM, FANM DESIDE, REFRAKA, SOFA