Pour commémorer cette journée du souvenir qu’est le 12 janvier, les féministes de la CONAP (Coordination Nationale de plaidoyer pour les droits des femmes) se retrouveront de 10h00 à 1h00 pm au local de la SOFA (Solidarité des femmes haïtiennes), au 9 rue Villemenay, Bois Verna (en face de Radio Kiskeya).

Rejoignez-nous pour saluer collectivement la mémoire de tous/toutes nos compatriotes disparus, en particulier celle de nos sœurs féministes (Anne-Marie Coriolan, Magalie Marcelin, Myriam Merlet) et des autres femmes fauchées le 12 janvier 2010.

À  l’occasion du premier anniversaire du séisme du 12 janvier 2010, Kay Fanm exprime aux populations haïtiennes ses sympathies solidaires et s’incline devant la mémoire des centaines de milliers de personnes emportées par cette catastrophe.

Kay Fanm salue le courage des populations face à cette terrible épreuve ; les communautés directement frappées par le séisme  à Petit-Goâve, Grand-Goâve, Léogane, Jacmel et  dans  la région métropolitaine de Port-au-Prince. Kay Fanm rend hommage aux communautés des autres  régions affectées par les contrecoups du séisme et qui ont généreusement accueilli les personnes déplacées.

Kay Fanm tient également à saluer :

–  les hommes et les femmes de bonne volonté, qui n’ont pas hésité à payer de leur personne pour sauver leurs compatriotes ;
–  le personnel médical et infirmier ; aussi bien les équipes haïtiennes que cubaines qui ont apporté avec promptitude et dévouement les secours aux populations en détresse ;
–  les journalistes ; bien qu’aussi éprouvés, les équipes des radios se sont mobilisées pour relayer les informations, multiplier les appels à l’aide et offrir des paroles de réconfort aux personnes emprisonnées sous les décombres, en particulier à nos sœurs féministes ;
–  les communautés de la diaspora haïtienne, qui se sont  assemblées pour  envoyer des  secours, accompagner les familles, diffuser des informations, notamment au sujet des survivants et survivantes ;
–  les peuples des différentes contrées du monde, en particulier  de  la  République Dominicaine, d’autres pays de la Caraïbe et de l’Afrique, qui ont témoigné de leur compassion et de leur solidarité agissante ;
–  les féministes, notamment celles de la diaspora haïtienne, de la Caraïbe tout particulièrement de la Martinique, de l’Amérique latine et de l’Amérique du Nord ;
–  les organisations étrangères, qui construisent de longue date des relations de partenariat solidaire avec les associations locales et qui n’ont pas manqué de plaider la cause d’Haïti devant les instances décisionnelles de leur pays et au niveau international ; et qui ont aussi été vigilantes sur la question des effets déstructurants de l’aide humanitaire.

L’année 2010 nous a fortement éprouvés avec l’enchaînement de catastrophes qui se sont abattues sur notre pays : tremblement de terre qui a emporté des centaines de milliers de vies, jeté des familles à la rue puis dans des camps indignes ; ouragans et cyclones qui, en raison de la fragilité de notre environnement, ont causé des inondations dévastatrices ; épidémie de choléra qui a trouvé dans la précarité de nos conditions de vie un terrain fertile pour se propager ; pagaille électorale qui nous plonge dans l’incertitude à un moment où nous avons justement besoin de maîtriser notre avenir.

La commémoration du 12 janvier est une occasion de réfléchir sur notre devenir, sur les voies et moyens  pour  créer un cadre permettant de réunir les conditions nécessaires à une véritable reconstruction nationale, centrée sur les intérêts des populations.

 

Port-au-Prince, le 11 janvier 2011
Pour Kay Fanm
Yolette Jeanty et Danièle Magloire

Un pèlerinage sur des lieux symboliques aura lieu en mémoire des personnes disparues lors du séisme du 12 janvier 2010, en particulier les féministes. Des gerbes de fleurs et des bougies seront déposées dans les différents sites.

Le parcours du pèlerinage suivra le cercle suivant :

– Rassemblement, à 10h00, devant les locaux de la CONAP/Coordination nationale de plaidoyer pour les droits des femmes (9, rue Pacot) ;
– Kay Fanm (11 rue Armand Holly, Tugeau), en mémoire de Magalie Marcelin ;
– EnfoFanm (local détruit, 14 rue de la Ligue féminine, ci-devant 1ère rue du Travail) ; en mémoire de Myriam Merlet, Mirielle Neptune Anglade, Gina Porcéna ;
– Sofa/Solidarite Fanm Ayisyèn (9, rue Villemenay, en face de radio Kiskeya) ; en mémoire d’Anne-Marie Coriolan, Bernadine Bourdeau et Myrlande Dorvilus ;
– Ministère à la Condition féminine (rue Magny, Port-au-Prince) ; en mémoire de Myrna Narcisse-Théodore (directrice générale) ;
– Ecole des infirmières et sages femmes (rue Mgr Guilloux, près de l’hôpital général) ; en mémoire des étudiantes et de leurs professeurs-es.

Pour Kay Fanm
Yolette Jeanty et Danièle Magloire

Dans un article paru le 6 janvier 2011 par The Catholic Register, le journaliste Michael Swan salue le travail réalisé par Kay Fanm à travers son centre d’accueil REVIV. Ce centre accueille des fillettes et adolescentes victimes d’agressions et d’abus sexuels et les aide à retrouver une vie digne. En plus du traumatisme causé par cette violence, de nombreuses fillettes tombent enceintes. C’est un grand défi d’accompagner ces fillettes dont certaines ont à peine 13 ans, moralement, psychologiquement et médicalement pour les aider à mettre au monde leur bébé alors qu’elles sont encore elles-mêmes des enfants.

Le centre REVIV est le seul du genre en Haiti pour l’instant et le travail réalisé prend tout son sens dans le contexte actuel où plus d’un million de personnes vit sous les tentes et que la violence sexuelle est en nette augmentation.

Rappelons également que Kay Fanm accompagne les victimes et leurs familles à poursuivre les auteurs de ces actes criminels.

[Article publié le 6 janvier 2011 dans The Catholic Register]

by Michael Swan, The Catholic Register
Thursday, 06 January 2011 15 :38

In the tent camps around Port-au-Prince, in the collapsed and desperate slums of Cite Soleil, amid the violence of a chaotic city policed by United Nations troops from around the world there’s a pro-life story.

Kay Fanm (Creole for the House of Women) doesn’t call itself a pro-life organization. The Development and Peace partner proudly claims the title feminist. What Kay Fanm does, however, lifts up women and the value of life in the face of violence and the most corrosive poverty in the Western Hemisphere.

In the tent camps around Port-au-Prince, in the collapsed and desperate slums of Cite Soleil, amid the violence of a chaotic city policed by United Nations troops from around the world there’s a pro-life story.

Before the earthquake Kay Fanm ran one of the only women’s shelters in Haiti — a country where until 2005 rape was considered a crime against honour rather than a crime against a person. Now with more than one million people crammed into tent camps where there are no locked doors and the shadows at night hide all kinds of crime, Kay Fanm is seeing a steady stream of girls, many between 13 and 15, come to them pregnant.

“They arrive pregnant and give birth here,” Kay Fanm co-ordinator Yolette Jeanty told The Catholic Register.

Somebody has to prepare the girls for motherhood.

“They’re kids we are preparing to give birth,” said Jeanty. “They don’t have families. They stay with other kids.”

The program is called Revive. In addition to dealing with the trauma of the girls’ situation — whether they’ve been raped, seduced by an older man or surprised to discover they are pregnant — Kay Fanm tries to keep the girls in school or at least provide basic literacy and job training.

If not for Kay Fanm, no end of illegal and dangerous abortions are performed in Haiti. Given the state of health care, the girls chances of surviving child birth without Kay Fanm are low. Even before the earthquake, the maternal mortality ratio for Haiti was 670 for every 100,000 live births, according to Unicef.

The problem is bigger than Kay Fanm can deal with. They’ve got room for about a dozen girls at a time. They can offer financial support for 40 girls. Out there in the camps there’s an epidemic of sexual violence and a kind of brutal economy in which sex is traded for protection, food and shelter.

All of that means there’s good reason to help Kay Fanm with financing and strategy, said Development and Peace executive director Michael Casey.

“You look at that tragedy, that kind of thing happening to very young girls, the violence being perpetrated against women in the camps — the stuff that Kay Fanm is working with,” he said.

“Those are very, very important stories.”

“There’s a lot of sexual violence against little girls and adolescents,” said Jeanty. “Men are using violence to bring girls to bed. Or trading rice for sex.”

Kay Fanm does not advocate for abortion access because that won’t solve Haiti’s problem with sexual violence and predation. They do what they can for the girls who come to them.

“The situation in the camps has exacerbated the problem,” said Jeanty.

Not Pou Laprès

Kòdinasyon Nasyonal K ap Plede Kòz Fanm – KONAP, prezante kondoleyans li bay popilasyon tou patou nan peyi a ki pèdi fanmi yo, zanmi, kanmarad, kolèg yo nan tranbleman tè 12 janvye 2010 la. Avèk anpil respè, KONAP bese byen ba pou salye, memwa plizyè santèn pitit tè d Ayiti ki mouri nan Pòtoprens, Jakmèl, Leogàn, Tigwav ak Miragwàn anba katastwòf san parèy sa a.

Nan sikonstans sa a, KONAP vle salye yon manyè patikilye fanmi ak pwòch Magalie Marcelin, militant Kay fanm, Myriam Merlet, militant Enfofanm. Toulede kanmarad sè nou sa yo, pami manm fondatris KONAP epi yo te bay bonjan kontribisyon nan Komite Kodinasyon platfòm la. Salitasyon patikilye nou ale tou pou fanmi ak pwòch Anne-Marie Coriolan, manm fondatris Solidarite fanm Ayisyèn SOFA, youn nan 5 òganizasyon ki fòme komite kòdinasyon KONAP la. Menmjan an tou, KONAP adrese yon salitasyon patikilye pou fanmi ak pwòch Mirlande Dorvilus, manm SOFA avèk Bernadine Bourdeau, tou 2 se te resous nan biwo egzekitif SOFA.

Menm jan lanmò kanmarad sè nou yo kite gwo soufrans nan kè manm KONAP ak yon gran vid nan mitan mouvman fanm la, nou konnen anpil lòt sektè ap viv menm doulè sa a. Tranbleman tè 12 janvye 2010 la pa epaye okenn sektè nan peyi a : nan edikasyon, nan administrasyon piblik kou nan antrepriz prive, nan mache, nan izin, toupatou se anpil doulè, anpil lapenn. Timoun, jèn, granmoun ki mouri yo se venn nan kò peyi a ki koupe. Jodia, yon mwa apre, nou gen yon kantite moun, nou pa kapab konte, ki toujou anba dekonb. Kou di sa a, peyi d Ayiti pran an, ap dechire zantray nou, san nou pako wè klè kouman nou pral remanbre peyi a apre ravaj tranbleman tè sa a, ki vin angrave sitiyasyon Ayiti ki te deja difisil, epi ki ap kite gwo konsekans onivo sosyal, ekonomik ak politik.

Anne-Marie Coriolan, Magalie Marcelin, Myriam Merlet tankou lòt militan fanm kou gason, mouri san yo pa wè chanjman yo te kwè ladan li. Tranbleman tè 12 janvye a rache yo nan men nou san yo pa gen tan wè piplis nan rezilta batay yo te konsakre vi yo ap mennen. Ideyal fanm sa yo t ap defann, konba yo te angaje yo te parèt klè nan aksyon yo t ap mennen pou fanm yo jwi tout dwa yo, san sosyete a pa mete yo sou kote poutèt yo se fanm. Militant feminis sa yo t ap kontribye nan aksyon ki mare avèk objektif, pou nou rive konstwi yon sosyete kote ki gen jitis, egalite, yon manyè pou nou koupe fache ak esklisyon, pou pèp ayisyen an, sòti anba dominasyon, diskrimination ki chita sou baz sèks, ak sou baz klas sosyal. Angajman medam sa yo te montre detèminasyon ak volonte yo te genyen pou yo te konbat maspinay, dominasyon ak esplwatasyon sistèm patriyaka ak sistèm kapitalis la vle enpoze nou.

Ayiti pran kou, katastwòf 12 janvye a, se okazyon ki demontre solidarite ki genyen nan mitan pèp yo. Ayiti benefisye anpil solidarite ki sòti kote gouvènman yo, men anpil sitwayen/sitwayèn, pèp diferan peyi pote kole, pou fè solidarite avèk nou, menmjan anpil pitit peyi a ap fè li tou. Se yon seri jès ki ap make nan istwa peyi a. Ayiti pran kou, pandan anpil nan moun ki disparèt jou 12 janvye a t ap goumen pou yon peyi lib, endepandan, souveren, konsekans katasfwòf sa a menase plonje nou pi plis nan depandans politik, sosyal, ekonomik e menm kiltirèl. Anpil nan nou mouri, anpil nan nou disparèt men diyite nou, sans patriyotik nou ak detèminasyon nou pou n yon pèp granmoun dwe rete bousòl nou.

Konsa, nan memwa anpil lòt fanm ki mouri akòz tranbleman tè sa a, pandan yo t ap bay kontribisyon pa yo pou Ayiti vanse, tankou Mireille Neptune Anglade, Nicole Grégoire, Gina Porcéna, Marie-Michelle Gaspard, Myrna Narcisse-Theodore…, nan memwa anpil lòt fanm kou gason ki tap feraye nan divès milye ; sou tras Anne-Marie, Magalie, ak Miryam KONAP, kòm yon espas batay kolektif, ap kontinye kenbe labanyè lit fanm lan piwo posib. Menmjan Ewoyin nou yo te patisipe nan batay pou retire peyi a anba lesklavaj, fanm yo ap kontinye bay lebra ak lòt mouvman ki vle goumen pou yon chanjman total kapital nan enterè fanm yo, nan enterè mas popilè yo.

Mouvman fanm ayisyèn lan pran kou. Nan KONAP, n ap kontinye mete ladrès nou deyò pou n dekonstri sosyete patriyakal la nan chèche mennen yon lit òganize nan yon liy politik klè k ap pèmèt nou bati yon sosyete egalitè. Yon sosyete kote valè tankou libètè, souverènte, egalite, jistis, respè se yo ki règ jwèt la, yon manyè pou nou sòti nan esklisyon, pou nou sòti anba dominasyon ak diskrimination ki chita sou baz sèks, sou baz klas sosyal.

Yon moun nou pa konnen te ekri, « Dans le quotidien avec les autres, nous oublions trop souvent que toute vie, s’arrête un jour et que nous ne savons pas quand ce jour arrivera. »/ « N ap viv toulejou ak lòt moun, anpil fwa nou bliye, yon jou ou lòt, lavi yo k ap koupe, epi nou pa janm konnen ki lè jou sa a ap rive. » Lè nou leve madi 12 janvye, nou pat janm panse pitit nou, fanmi nou, kanmarad nou yo pa t ap la jodi a…

Ann mare senti nou, kontinye lite pou nou remanbre Ayiti, jenerasyon k ap vin apre yo ap kapab suiv tras nou.

Pou rèl koze n pale, n ap kontinye vanse !

Pou Komite Kòdinasyon KONAP,
Olga Benoit

(Komite Kòdinasyon KONAP : Fanm Deside Jakmèl – Kay Fanm – REFRAKA – SOFA)