PORT-AU-PRINCE – Les organisations de droits humains Kay Fanm, SOFA, RNDDH, CE, JILAP, CARDH, POHDH s’insurgent contre les propos irrévérencieux prononcés par l’ancien président Michel Joseph Martelly à l’encontre de personnalités publiques du pays à la suite de ses interventions le 9 février 2017, à l’émission Canal Musical, diffusée sur les ondes de la Radio Caraïbes, avec l’animateur – présentateur Marc Anderson Brégard, qui avait reçu l’ancien chef de l’Etat.

Au cours de cette émission, Joseph Michel Martelly s’est attaqué directement à deux journalistes connus, à savoir, Jean Monard Métellus et Marie Liliane Pierre-Paul faisant référence à eux, par des sobriquets, et utilisant des propos aussi regrettables qu’irrévérencieux, selon un document transmis au journal en date du 16 février 2017.

Michel Joseph Martelly a aussi profité du microphone qui lui était offert pour faire la promotion de sa méringue carnavalesque de 2017, qui, comme celle de l’année 2016, dénigre les journalistes susmentionnés. Il s’agit-là d’une atteinte grave à leur dignité et au principe général de respect mutuel. De plus, il est choquant que des médias et des particuliers acceptent de diffuser cette méringue qui, normalement, aurait dû être censurée par les autorités étatiques concernées.

Face à ces dérives, Kay Fanm – SOFA – RNDDH – CE-JILAP – CARDH – POHDH condamnent cette attitude de Michel Joseph Martelly qui, depuis l’accession à la magistrature suprême de son protégé Jovenel Moïse, fait montre d’une arrogance sans pareille et semble ne vouloir se courber à aucune règle morale et éthique.

Kay Fanm – SOFA – RNDDH – CE-JILAP – CARDH – POHDH regrettent qu’une telle émission ait pu se réaliser sur le lieu de travail du journaliste Jean Monard Métellus.

Par ailleurs, les encouragements et les rires égrillards de l’animateur – présentateur de l’émission, ainsi que des jeunes personnes présentes au studio, inquiètent au plus haut point les organisations susmentionnées, car ils témoignent d’un manque d’esprit critique et d’une mentalité sexiste clairement affichée.

Kay Fanm – SOFA – RNDDH – CE-JILAP – CARDH – POHDH estiment que ce comportement ainsi que les propos vulgaires et irrévérencieux de Michel Joseph Martelly avilissent la fonction de président qu’il a occupée pendant cinq (5) ans.

Haïti est aujourd’hui meurtrie ! Les actes de corruption, de malversation et de mauvaise gouvernance des autorités étatiques qui se sont succédé à la tête du pays ont laissé un Etat faible, ne pouvant offrir à ses ressortissants ni les services de base, ni les prestations auxquels ils ont droit.

P-au-P, 26 janv. 2017 [AlterPresse] — L’organisation féministe Kay fanm dénonce le viol collectif, perpétré sur une adolescente de 17 ans, au cours de ce mois de janvier 2017, à Pétionville (périphérie est de la capitale).

« Des filles et des femmes sont victimes de viols au quotidien. Cependant, le cas de l’adolescente de Pétionville a suscité plus de réactions, du fait que la vidéo a été publiée sur les réseaux sociaux », déplore la sociologue Danièle Magloire, coordonnatrice de Kay Fanm, dans un entretien à AlterPresse.

Le cas de la jeune fille comporte une nouvelle dimension, du fait de l’utilisation des réseaux sociaux. Ceci démontre la conception de ses « prédateurs », qui voient, dans le corps de la femme, « un morceau de viande », qu’ils peuvent utiliser à leur guise, s’indigne Kay Fanm.

Il revient à l’État d’opposer une réponse à cet acte, en poursuivant les coupables et en developpant une stratégie de prévention en ce qui concerne l’utilisation des réseaux sociaux.

L’État se doit de se procurer les moyens pour remonter jusqu’aux coupables, souhaite Kay Fanm, soulignant n’avoir pas été approchée par l’adolescente violentée, ni par ses parents.

L’objectif de Kay fanm et de toutes les autres organisations de défense des droits de la femme, c’est de voir, un jour, disparaître toutes les formes de violences faites aux femmes, rappelle la sociologue Danièle Magloire.

Les responsables de la section des affaires sociales du conseil municipal de Pétionville ont rencontré, le jeudi 26 janvier 2017, les parents de l’adolescente violentée, fait savoir, de son côté, le maire principal de Pétionville, Dominique Saint-Roc.

Ils évaluent, présentement, le type d’accompagnement que nécessite le cas de la jeune fille de 17 ans, ajoute Saint-Roc.

Dans le cadre de ce dossier, les dénommés Whisky, Rêne Rony alias Roro, Toto, Sonson sont activement recherchés par la police pour viol collectif et association de malfaiteurs.

Les sénateurs Youri Latortue, Jean Renel Sénatus ainsi que le commissaire du gouvernement, près le tribunal civil de Port-au-Prince, Jean Danton Léger, offrent une récompense de 500 mille gourdes (US $ 1.00 = 68.00 gourdes ; 1 euro = 78.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui), à quiconque fournirait des informations pouvant conduire à l’arrestation des violeurs.

Un appel à la compassion circule actuellement sur les réseaux sociaux, demandant à quiconque, qui aurait reçu la vidéo du viol, de l’effacer.

Suite à la plainte, déposée, le mardi 24 janvier 2017, par l’adolescente violentée, une opération, menée par la Police nationale d’Haïti (Pnh), a permis l’arrestation de 12 individus.

Il s’agit de Chrislande Charles (16 ans) ; Diovano Blémur (19 ans), Jean Henry Emile (44 ans) ; Mackensen Sylvain (41 ans), Jimmy Fénelon (34 ans) ; Jocelyn Bozil (39 ans) ; Edelson Charles (22 ans) ; Doudou Remé (25 ans) ; Jean François Débrosse (23 ans) ; Michel Gay (18 ans) ; Mike Massenat (29 ans) ; Ressonge Etienne (32 ans). [am emb rc apr 27/01/2017 15:35]

À l’occasion de la Journée internationale contre la violence faite aux femmes le 25 novembre dernier, Kay Fanm a déployé une série d’activités à travers Haïti. Des projets d’animation, de distribution de matériel d’information et de sensibilisation, posters et interventions dans les médias ont eu lieux jusqu’au 10 décembre dans le Département de l’Ouest, celui du Sud-Est et le Département des Ne Collectif contre l’impunité, dont fait parti Kay Fanm, dévoilait hier un amicus curiae dans les locaux du Réseau national de défense des droits humains. Cet avis juridique démontre que :

– le droit international s’applique en Haïti
– il n’y a pas de prescription, ni d’amnistie pour les crimes contre l’humanité
– des crimes contre l’humanité ont été allégués sous le gouvernement de Jean-Claude Duvalier
– des crimes dans le droit haïtien en vigueur peuvent constituer des crimes contre l’humanité
– Jean-Claude Duvalier est responsable des actes délictueux commis par l’État haïtien
– Jean-Claude Duvalier peut être poursuivi

Le contexte national continue cependant à provoquer de graves inquiétudes et porte notamment à s’interroger sur la volonté politique de l’État à tout mettre en œuvre pour que la justice puisse effectivement suivre son cours alors que la justice haïtienne est incapable de faire respecter une assignation à résidence et que l’on note des actes d’intimidation à l’encontre de médias donnant écho au dossier tels que Radio Kiskeya et Mélodie FM.. Réclamer que Jean-Claude Duvalier rende compte des actes de ses 15 ans de pouvoir sans partage est une exigence éthique.

Il y a présentement 22 plaintes déposés au parquet de Port-au-Prince contre l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier.

Documents relatifs :
Communiqué du Collectif du 14 décembre 2011 (créole – PDF)
Communiqué du Collectif du 14 décembre 2011 (français – PDF)
Fiche d’information sur l’amicus du 14 décembre 2011 (créole – PDF)
Fiche d’information sur l’amicus du 14 décembre 2011 (français – PDF)

 

Les versions complètes de ces documents sont plus bas.

 

La Concertation nationale contre les violences faites aux femmes, dont fait partie Kay Fanm, publie les données partielles 2009-2011 des cas de violence conjugale à Port-au-Prince. Les organisations et institutions membres du réseau de la Concertation nationale ont répertorié en 24 mois -de juillet 2009 à juin 2011- 3 098 cas de violence, frappant des hommes et des femmes issus des régions suscitées.

Sur ces 3 098 cas,  858 concernent des hommes (28 %) et 2 240 des femmes (72 %). Les cas ont été traités à partir de la Fiche nationale d’enregistrement.

67 % des cas de violence (hommes et femmes) ont été enregistrés par le secteur santé,  25 % par des organisations de femmes (qui accueillent 34.5 % des femmes violentées, les réfèrent pour la prise en charge médicale et assurent leur accompagnement psychosocial et légal) et 7 % par le secteur justice (Tribunaux de Paix et Parquet).

DONNÉES JUIL 2009 – JUIN 2011, CONCERTATION NATIONALE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES (PDF)
Pour rejoindre Kay Fanm :
11, rue Armand Holly, Pacot
Tel : 28-16-21-33 / 28-16-21-34 / 29-40-58-37 / 29-41-58-37
Courriel : info@kayfanm.org

 

Kay Fanm a profité de la période entre la Journée internationale contre la violence faite aux femmes le 25 novembre et la commémoration de la Déclaration universelle des droits de la personne le 10 novembre pour déployer une série d’activités dans les zones les plus affectées par le séisme et les zones d’intervention des membres de la Concertation nationale contre les violences faites aux femmes. Des séances d’animation, de distribution de matériel d’information, de référence et de sensibilisation, l’affichage de posters et des interventions dans les médias ont eu lieu durant cette période symbolique dans le Département de l’Ouest, celui du Sud-Est et le Département des Nippes.

L’arrestation de Jean-Claude Duvalier le 18 janvier dernier – Photo : Thony Belizaire / AFP

Dans la foulée du dépôt du rapport On ne peut pas tuer la vérité d’Amnesty International, le Collectif contre l’impunité réaffirme son refus de la négation du droit et donc de l’impunité qu’elle engendre. «Juger Jean-Claude Duvalier peut être une opportunité de transformer notre système de justice, d’ouvrir la voie pour exiger que d’autres violateurs, quels qu’ils soient, rendent comptent à la nation», rappelle le dernier communiqué du Collectif, L’impunité ne peut être le destin d’Haïti, publié le 22 septembre.

Regroupant des plaignants-es contre l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier et différentes organisations de défense des droits humains dont KAY FANM, le Collectif contre l’impunité est très inquiet quant aux risques, dans le contexte actuel, que l’on n’assiste pas à la tenue d’un véritable procès équitable «mettant en lumière les mécanismes de la dictature duvaliériste».

Trois commissaires du gouvernement se sont succédés depuis l’ouverture du dossier et aucun appui technique ou recherche de preuves n’a été demandé à d’autres pays ou instances comme la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH). Pendant ce temps, l’ex-dictateur profite de mesures réinstaurées en catimini comme la pension présidentielle et la restitution de biens saisis «malgré les poursuites engagées par l’État à son encontre ; poursuites introduites depuis 1987 et reprises en 2011», précise le communiqué.

Le rapport On ne peut pas tuer la vérité d’Amnesty International est disponible en PDF et en HTML sur le site web d’Amnesty. La conférence de presse dévoilant le rapport s’est tenue malgré les troubles causés par les avocats de Jean-Claude Duvalier et une dizaine de ses partisans venus intimider les personnes présentes.

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COMMUNIQUÉ « L’IMPUNITÉ NE PEUT ÊTRE LE DESTIN D’HAÏTI »

22 septembre 2011, Port-au-Prince

Collectif contre l’impunité

Des plaingants-es, contre l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier et consort, et des organisations de défense des droits humains
Centre œcuménique des droits humains (CEDH)
Kay Fanm (La maison des femmes)
Mouvenement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement (MOUFHED)
Réseau national de défense des droits humains (RNDDH)

Dès le retour en Haïti le 16 janvier 2011 de l’ex Président à vie Jean-Claude Duvalier, des Haïtiens et Haïtiennes se sont mobilisés pour dire NON à l’accommodation à l’inacceptable ; Pour rappeler que notre «pays qui s’était libéré d’un effroyable système d’esclavage, qui avait aidé les combattants de la liberté à travers les Amériques» ne pouvait jeter un tel héritage par-dessus bord et «offrir refuge à ceux-là même qui ont lentement exterminé […] le peuple haïtien, dans le marécage de Fort-Dimanche et partout dans le pays profond. […] Refuge et impunité à ceux qui avaient tranquillement détourné l’argent du pays, dépensant et gaspillant à tous vents, le confiant à la garde de banques étrangères (1)».

Des organisations citoyennes de divers pays et des instances internationales se sont également élevées pour réclamer que l’ex dictateur réponde des crimes contre l’humanité commis sous son règne. Amnistie internationale rappelait que « Tout au long des quinze années pendant lesquelles Jean-Claude Duvalier a occupé le pouvoir (1971-1986), la torture systématique et les autres formes de mauvais traitements étaient monnaie courante en Haïti (17 janvier)». La Concertation pour Haïti (CPH) de Montréal soulignait que «La justice, l’une des bases fondamentales de la démocratie, doit être incluse dans le plan de reconstruction d’Haïti. Sa refondation passe inexorablement par la fin de l’impunité (20 janvier)». Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme rappelait «qu’Haïti a l’obligation d’enquêter sur ces violations graves des droits de l’Homme commises pendant le règne de M. Duvalier qui sont bien documentées. Haïti a également l’obligation de poursuivre ceux qui sont responsables (1er février)». Le Secrétaire général de l’ONU soutenait qu’il «est capital que les autorités haïtiennes prennent toutes les mesures juridiques et judiciaires pour régler cette affaire. Traduire en justice ceux qui se livrent à des crimes contre leur propre peuple, est un message clair aux Haïtiens que l’impunité n’est pas de mise dans le pays (mars)». Suite aux démarches entreprises en mars par le Collectif contre l’impunité, la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) a produit le 17 mai une Déclaration qui rappelle à l’État haïtien son «obligation internationale d’enquêter sur les graves violations des droits humains commises sous le régime de Jean-Claude Duvalier et, s’il y a lieu, d’en punir les auteurs ».

Les plaintes déposées à date, au Tribunal de première instance de Port-au-Prince, ont été considérées recevables et ont été traitées. Le cabinet d’instruction a procédé à des auditions, entre févier et juillet, et a transmis au début du mois de septembre le dossier au Commissaire du gouvernement (Procureur). Ce dernier devra sortir une ordonnance. Au regard des déficiences et dysfonctionnements du système judicaire, le dossier a relativement bien avancé au niveau des premières étapes du processus.

Cependant, le contexte actuel fait peser d’énormes risques quant à la tenue d’un procès digne de ce nom ; un procès sérieux, équitable, mettant en lumière les mécanismes de la dictature duvaliériste. Aucune disposition n’a été prise pour bénéficier concrètement de l’appui technique de la CIDH ; Aucune demande d’informations, de recherche de preuves n’a été produite par devant d’autres pays ou instances ; Depuis l’ouverture du dossier, trois Commissaires du gouvernement se sont succédés ; Des mesures sont adoptées en catimini afin de restaurer l’ex dictateur dans des prétendus droits (pension présidentielle, restitution de biens saisis), ce malgré les poursuites engagées par l’État à son encontre ; poursuites introduites depuis 1987 et reprises en 2011.

En choisissant, en dépit des difficultés connues, de porter plainte contre l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier, les parties prenantes du Collectif expriment et persistent dans leur refus de la négation du droit et donc de l’impunité qu’elle engendre. Juger Jean-Claude Duvalier peut être une opportunité de transformer notre système de justice, d’ouvrir la voie pour exiger que d’autres violateurs, quels qu’ils soient, rendent comptent à la nation.

Port-au-Prince, le 22 septembre 2011
Pour le Collectif contre l’impunité
Danièle Magloire

 

Le premier semestre de l’année 2008 a été marqué par un ensemble de procès de viols dont les victimes en majorité sont des fillettes âgées de 4 à 12 ans.

Sur neuf (9) dossiers suivis par Kay Fanm, en état d’être traduits par-devant un tribunal criminel, huit (8) ont été entendus au cours des assises criminelles sans assistance de jury, réalisées durant les mois d’avril et de mai dernier, à Miragoâne et Port-au-Prince. Les agresseurs ont tous été reconnus coupables. La durée des peines infligées est comprise entre 2 et 10 ans pour quatre (4) des procès et est de 15 ans pour les autres.

Dans le cadre de la session ordinaire du mois de juillet, le tribunal doit  se prononcer sur d’autres dossiers de viols traités et accompagnés par Kay Fanm.  Pour l’instant, un seul de ces cas a été confirmé pour être entendu le lundi 14 juillet 2008 à 10 h a.m.  Il s’agit d’un viol commis avec menaces et violence par le nommé Alouidor Jean Mirtho au préjudice d’une jeune femme de 21 ans.  Nous attendons donc la présence de la presse, des organisations de droits humains et de simples citoyens et citoyennes au palais de Justice pour supporter la victime et sa famille tout au long du déroulement des séances et/ou pour couvrir l’événement.

Port-au-Prince, le 12 juillet 2008

8 mas Jounen Entènasyonal Dwa Fanm :

KONAP ap defann Dwa fondamantal pou konsève diyite fanm yo !

Ann rete mobilize pou n rive jwi dwa sosyo ekonomik yo,

Ann rete mobilize pou n rive jwi dwa pou nou gen jistis,

Pòtoprens, jou ki 7 mas 2008

Se pou sa, nan okazyon selebrasyon 8 mas 2008 la, KONAP ap mande Ministè Kondisyon Fanm ak Dwa Fanm, ki swivi Leta Ayisyen fè pou pèmèt fanm ki te viktim vyolans anba men 108 sòlda MINISTA yo jwenn Jistis. Nan deba piblik KONAP te reyalize ak reskonsab leta yo, nan mwa novanm 2007, Ministè a, pa lentèmedyè Direktris Jeneral li te pran angajman sou sa. Nan ki pwen dosye sa ye jodi a ? Nou pakapab selebre Jounen Dwa Fanm pou lopinyon piblik nasyonal ak entènasyonal la pa konnen ki suivi gouvènman an ak lòt reskonsab leta yo fè pou fanm ak tifi ki te viktim agresyon seksyèl anba sòlda lokipasyon yo jwenn jistis. Sitou lè nou konnen, konsekans vyolans konn lakòz fanm yo tonbe nan sitiyasyon povrete, lè yo blije kite kay yo, pèdi travay yo oswa lòt aktivite ekonomik yo te gen pou yo viv.

8 mas 2008 la, anplis batay n ap kontinye mennen pou nou jwi dwa sivil ak politik nou, nou kanpe pou nou defann dwa sosyal, ekonomik ak kiltirèl nou, tout dwa fondamantal ki defini nan « Pacte International relatif aux droits sociaux, économiques et culturels » epi ki garanti ak pwoteje fanm kou gason pou yo viv nan diyite. Kouman noumenm fanm nou kapab viv nan diyite nan yon peyi kote otorite yo ak boujwazi a ap inyore tout dwa fondalnatal sa yo ?

Depi plizyè lane popilasyon an ap rele anmwen akòz lavi chè. Dènye moman sa yo plizyè òganizasyon nan mouvman sosyal la koumanse pran lari sou sa. Nan moman selebrasyon jounen 8 mas ak dat 3 avril, jounen nasyonal fanm yo, keksyon pou leta fikse salè minimòm lan okipe deba nan lopinyon piblik la. Deba sou kantite lajan fòs travay yon moun dwe koute chita sou pwopozisyon 200 goud, swa $5 dola ak 19 santim, kont 150 goud, swa $3 dola 89 santim, pou yon jounen travay.

Reyalite lavi yon fanm k ap travay nan faktori kapab demontre aklè montan sa yo pa pote okenn diplis ki kapab amelyore sitiyasyon lavi yon travayè fanm kou gason. Ann gade. Nou konnen sou chak 100 fanm an Ayiti, plis pase 47 ladan yo, se yo ki rele, se yo ki reponn, sa vle di se yo ki gen chay fanmi yo sou do yo. Pifò fanm sa yo gen anmwayèn 4 pitit. Se nan sans sa a, n ap tabli yon egzanp, sou Anèt ki responsab yon kay ki gen 5 moun.

Anèt gen 4 timoun, l ap travay nan faktori :

Li bezwen chak jou, 5 bokit dlo pou limenm ak 4 timoun yo benyen, 2 bokit pou l prepare manje ak fè netwayay, anplis li bezwen 2 galon dlo pou l bwè. Sa ki fè pou dlo, Anèt depanse 80 goud lè nou konnen bokit dlo a koute 10 goud epi galon dlo pou bwè koute 5 goud.

Anèt dwe peye 70 goud pou transpò 4 timoun yo ak pou li ale travay, lè nou konnen kous machin nan se 14 goud ale/retou.

Si Anèt achte pate kòde pou li ak 4 piti li kòm manje maten, Anèt gen pou l depanse 50 goud lè, nou konnen yon pate kòde koute 10 goud.
Anèt pa gen posiblite monte chodyè apremidi, se pou sa li chwazi fòmil ki pi pratik pou li. Li al kay machann manje kuit la, li pran 2 chen janbe pou 100 goud pou li separe ak 4 timoun yo.

Sa ki fè an total, pou manje, e ki manje ?, pou transpò ak dlo, depans Anèt gen tan monte 300 goud pou jounen an, san konte lè Anèt ap lave, li bezwen plis dlo, savon elatriye. San konte tou pat dantifris, savon ak lòt pwodui twalèt, balèn oswa gaz lanp pou timoun yo etidye elatriye. Anplis, nou konnen lekòl timoun pou peye, lwaye kay ki 17 wotè, lè gen maladi menm, se tèt chaje pirèd.

Egzanp Anèt la montre aklè, menm pwopozisyon 200 goud ki te fèt pou fikse salè minimòm la pa anmezi kouvri depans minimòm nan bezwen yon ouvriye ak ouvriyèz genyen. Salè sa a pa menm pèmèt ouvriye-èz yo rekonstitiye fòs travay yo. Se pou rezon sa a ki fè nou estomake anpil lè n tande Asosiyasyon Endistriyèl Ayisyen (ADIH), deklare si salè minimòm nan, 150 goud se touye n ap touye tèt nou, n ap fè envestisè kouri.

Kifè la a, fòs kouray travayè ak travayèz pa gen valè ! Travay y ap fè pap janm pèmèt yo viv ak fanmi yo ! Travayèz ak travayè, oblije al fini nan sanatoryòm apre yo fin bay kouraj ! Lè feblès pa gen tan rete kè yo. Nan ka sa, keksyon nou anvi poze manm ADIH yo se, konbyen kòb yo depanse pou yo viv, konbyen kòb yo depanse nan yon sware lè y ap pran plezi yo ?

Nan KONAP, nou konnen byen, salè minimòm, pa sèl rezon ki kapab rale envestisè. Menm lè, Salè minimòm lan te ba, men si lòt kondisyon tankou ènèji ak tout lòt kalte travay enfrastrikti pa egziste, envestisè yo ap toujou kouri. E kòm leta pa sanble gen yon plan devlòpman klè pou mete bon jan sèvis, wout… tout sa yo rele enfrastrikti yo, alòs, nan bese salè minimòm nan, yo vle fè kwè yap atire envestisè sou mache entènasyonal la.

Pou tout rezon sa yo, noumenm fanm ki gwoupe nou nan KONAP, nan okazyon 8 mas 2008 la, nou solidè ak revandikasyon travayè ak travayèz pou yo gen yon salè ki pèmèt yo viv kòm moun. Konsa ap mare fòs nou ak tout lòt travayèz/travayè yo pou fè yon rèl pou nou mande responsab ki konsène yo, anpatikilye Palmantè yo, pou yo reflechi sou kondisyon travayè ak travayèz yo, konsidere bezwen yo ak dwa fondalnatal yo kòm moun, kòm travayè-èz pou yo kapab pran yon desizyon ki demontre yo gen volonte tout bon pou respekte dwa travayè ak travayèz yo.

KONAP mande tou, pou gen mezi akonpayman ki pran pou fèmen vàn k ap ponpe povrete a, k ap fè travayè ak travayèz yo pi pòv chak jou pi plis. Mezi tankou : magazen kominotè, relansman pwodiksyon nasyonal la, sibvansyon kèk pwodui premye nesesite e latriye… San mezi akonpayman sa yo, salè minimòm la pap gen okenn valè reyèl, paske li pap janm pèmèt travayè ak travayèz yo anmezi soutni yon bon kantite nan depans yo.

KONAP kwè se responsablite gouvènman an pou l asire byennèt popilasyon an. Ministè Kondisyon Fanm ak Dwa Fanm gen gwo wòl pou l jwe nan chèche solisyon pou frennen pwoblèm feminizasyon povrete a. Kidonk, yo dwe pan mezi pou kreye travay k ap pèmèt fanm yo viv nan diyite. N ap sonje, nan okazyon Premye me, Jounen Travay ak Agrikilti, 1er minis Alexis te deklare li pral enskri kreyasyon travay nan priyorite l, men jodi a, lè nou tande gouvènman sa a ap pale de travay, se de travay a “haute intensité de main d’oeuvre” Kesyon n ap poze tèt nou, eske travay pou ti bout tan sa yo kapab pèmèt yon peyi sòti nan mizè ? Ki plan gouvènman an genyen pou fanm yo, k ap bourike maten, midi aswè, pa tonbe nan mande lè yo fin granmoun, lè yo pakab travay ankò ?

8 mas 2008 la, fanm ayisyèn leve kanpe pou nou rive jwi Dwa nou,

Bonjan Kondisyon lavi mare ak bonjan sitiyasyon lavi, se sèl fason pou Dwa nou respekte.

Jwenn jistis ak jistis sosyal se dwa fondalnatal nou.

Respè ak jwisans Dwa sa yo, se sa ki diyite nou pou nou viv kou moun.

Fanm ayisyèn ann kenbe banye mobilizasyon nou.

Pòtoprens, jou ki 7 mas 2008

Pou KONAP,

Olga Benoit
Jesi Chancy Manigat

C.C KONAP : ENFOFANM, KAY FANM, FANM DESIDE, REFRAKA, SOFA

Le 7 septembre 2005, une fillette de 13 ans qui revenait acheter du pain, a sous la menace d’une arme été entraînée dans un corridor, puis violée. Cette fillette s’est retrouvée enceinte à la suite du viol.

Une autre adolescente de 17 ans a connu à peu près le même sort. Elle était accompagnée de son jeune frère lorsqu’un individu armé l’a empoigné au cou pour l’entraîner vers un trottoir. Cette adolescente a été violée sous le regard hébété de son frère.

Il est évident qu’une vie sociale, tranquille n’est plus facile pour les fillettes et adolescentes haïtiennes. La vie et l’intégrité physique de ces enfants en général et les femmes en particulier, sont de plus en plus menacées.

Néanmoins, elles ne vivent pas leur souffrance dans la solitude. Celles qui ont pu témoigner ont été écoutées, orientées. Elles ont pu sentir qu’elles n’étaient pas seules dans leur détresse par l’assistance que fournit Kay Fanm en matière psychologique, médicale et même légale dans les cas où l’agresseur est identifié.

Kay Fanm signifie en créole la maison des femmes.

Kay Fanm est une association de femmes haitiennes fondée en 1986, dans la vague des grandes mobilisations populaires qui avaient conduit au renversement de la dictature des Duvalier. C’est une association féministe qui lutte pour la justice sociale et le respect des droits des femmes.

Le siège principal se trouve à Port-au-Prince, mais nous travaillons également dans 2 autres régions du pays : l’Artibonite et Nippes. L’association regroupe des femmes de divers secteurs de la vie nationale et fonctionne sur le modèle d’un réseau. On retrouve donc au sein de Kay Fanm des groupes de femmes paysannes, des marchandes, des travailleuses de maisons, des professionnelles etc.

Il faut souligner que les associations de femmes constituent actuellement le secteur le mieux structuré de la société civile haitienne. Regroupées au sein de la CONAP, elles développent de nombreux partenariats et sont très actives dans la construction d’articulations entre les divers secteurs associatifs (droits humains, universités, syndicats, jeunes etc.).

Fer de lance et vigies de tous les fronts, les associations de femmes se sont investies dans tous les champs où les droits sont piétinés et ont su démontrer leur grande combativité.