Témoignage politique de la CONAP au Forum Citoyen extraordinaire

Attachez vos ceintures !

FOKAL, LE 16 NOVEMBRE 2006

Parce que nous ne croyons pas au consensus ; nous sommes porteuses d’une parole féministe plurielle, que nous voulons être celle de toute la mosaïque de femmes d’Haïti.

La Coordination Nationale de Plaidoyer pour les Droits des Femmes (CONAP) est une Plateforme d’organisations féministes et féminines, coordonnée par ENFOFANM, FANM DESIDE JAKMEL, KAY FANM, SOFA et REFRAKA et construite par des femmes d’horizons divers qui s’entendent pour conjuguer leurs efforts pour faire avancer leurs revendications et changer la condition des femmes de toutes situations socio-économiques en Haïti.


États Généraux de la Coopération et de la Solidarité Internationales

Intervention de Kay Fanm aux États Généraux de la Coopération et de la Solidarité Internationales

Montréal, Novembre 2006

Etrangler les peuples est le propre des empires ; condamner une telle initiative, un attribut des hommes/femmes libres (I. Ramonet)

L’AQUOCI nous a demandé d’intervenir sur le rôle de la société civile par rapport à un nouveau consensus dans le cadre de la coopération internationale.

Notre intérêt à participer à cette table ronde ne cherche pas à renforcer la bonne conscience de ceux-là et celles-là qui ne sont pas exigeants-es envers eux-mêmes devant la misère et la souffrance causée par leur système injuste. Notre participation vise plutôt la concertation et la vraie solidarité des peuples pour la manifestation d’un autre monde d’où émergera la civilisation de la simplicité, fondée sur l’équilibre de la nature et des êtres humains et non sur le replâtrage de l’ancien monde en agonie.


Des enfants de plus en plus jeunes sont touchées

Le 7 septembre 2005, une fillette de 13 ans qui revenait acheter du pain, a sous la menace d’une arme été entraînée dans un corridor, puis violée. Cette fillette s’est retrouvée enceinte à la suite du viol.

Une autre adolescente de 17 ans a connu à peu près le même sort. Elle était accompagnée de son jeune frère lorsqu’un individu armé l’a empoigné au cou pour l’entraîner vers un trottoir. Cette adolescente a été violée sous le regard hébété de son frère.

Il est évident qu’une vie sociale, tranquille n’est plus facile pour les fillettes et adolescentes haïtiennes. La vie et l’intégrité physique de ces enfants en général et les femmes en particulier, sont de plus en plus menacées.

Néanmoins, elles ne vivent pas leur souffrance dans la solitude. Celles qui ont pu témoigner ont été écoutées, orientées. Elles ont pu sentir qu’elles n’étaient pas seules dans leur détresse par l’assistance que fournit Kay Fanm en matière psychologique, médicale et même légale dans les cas où l’agresseur est identifié.


Inauguration du centre REVIV à Port-au-Prince

Kay Fanm a inauguré au mois de décembre 2005 le centre REVIV. Ce nom dérivé du titre du programme (réhabilitation des victimes de violence) signifie en créole renaitre, retrouver la vie…

Le centre REVIV accueille de façon transitoire ou définitive des fillettes et des adolescentes victimes d’agressions sexuelles. C’est notre manière d’apporter notre contribution à la réhabilitation des mineures victimes d’agressions sexuelles. Plusieurs associations ont salué cette initiative et commencent à faire appel aux services dispensés par Kay Fanm. Ce centre est également un témoignage criant de la démission des instances de l’état face à la détresse d’une population dépourvue de toute protection.


Bienvenue sur le site de Kay Fanm!

Kay Fanm signifie en créole la maison des femmes.

Kay Fanm est une association de femmes haitiennes fondée en 1986, dans la vague des grandes mobilisations populaires qui avaient conduit au renversement de la dictature des Duvalier. C’est une association féministe qui lutte pour la justice sociale et le respect des droits des femmes.

Le siège principal se trouve à Port-au-Prince, mais nous travaillons également dans 2 autres régions du pays : l’Artibonite et Nippes. L’association regroupe des femmes de divers secteurs de la vie nationale et fonctionne sur le modèle d’un réseau. On retrouve donc au sein de Kay Fanm des groupes de femmes paysannes, des marchandes, des travailleuses de maisons, des professionnelles etc.

Il faut souligner que les associations de femmes constituent actuellement le secteur le mieux structuré de la société civile haitienne. Regroupées au sein de la CONAP, elles développent de nombreux partenariats et sont très actives dans la construction d’articulations entre les divers secteurs associatifs (droits humains, universités, syndicats, jeunes etc.).

Fer de lance et vigies de tous les fronts, les associations de femmes se sont investies dans tous les champs où les droits sont piétinés et ont su démontrer leur grande combativité.