Port-au-Prince, le 7 juillet 2011

Bureau de la MINUSTAH
Port-au-Prince, Haïti

A l’attention de M. Mariano Fernandez
Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Haïti

Objet : Lettre ouverte relative au suivi du dossier de l’agente Orline Mérilan, victime d’une  tentative de viol de la part d’un agent de la MINUSTAH

Monsieur le Représentant Spécial,

L’agente de la Police Nationale d’Haïti, Orline Mérilan, a été dans la nuit du 13 au 14 mars 2011, victime d’une  tentative de viol par un membre du personnel de  la MINUSTAH,  Muhammad  Naseem  (matricule  FPU  11773).    Suite  à  l’agression,  une enquête a été entamée par l’Unité d’Enquêtes Internes des Nations Unies.  Madame Kabita Nirola, enquêteuse, a ainsi rencontré, en date du 9 avril 2011, Madame Orline Mérilan.   Depuis  le 13 avril 2011, aucun contact n’est établi avec celle-ci par  l’Unité des Enquêtes Internes de l’ONU ou par tout autre représentant de la MINUSTAH.

Nous déplorons un tel laxisme.  Le mandat dictant la présence de cette Force de maintien de  la Paix est des plus précis :  la MINUSTAH, déployée en Haïti en 2004, a pour  objectif  d’instaurer  un  climat  sûr  et  stable  en  Haïti,  notamment  par  la promotion et la protection des droits de l’Homme.  Ceci passe entre autre par la lutte contre l’impunité et le renforcement de l’État de droit en Haïti.   De surcroît,  tout au long  de  son  mandat,  la  MINUSTAH  s’est  dite  investie  dans  la  prévention  et l’élimination de  la violence contre  les  femmes, dans  la  société haïtienne comme au sein de ses rangs.

Malgré  ces  politiques,  stratégies  et  énoncés  de  principes,  les  immunités  et privilèges  accordés  aux  membres  du  personnel  de  la  MINUSTAH  ont  eu  pour conséquence de trop nombreuses violations des droits fondamentaux des Haïtiennes.  Depuis  son  arrivée  en 2004, plusieurs  comportements  répréhensibles,  effectués par des membres du personnel de  la MINUSTAH, ont été dénoncés.   Trop souvent, nous avons  pu  constater  qu’aucune  sanction  adéquate  n’a  été  mise  en  œuvre  afin  de réprimer  et  d’éliminer  ces  agissements.    À  de  nombreuses  reprises,  le mouvement féministe  haïtien  s’est  publiquement  prononcé,  décriant  cette  injustice  flagrante.

Enquêtes publiques, justices et réparations ont été exigées.  Sans succès. 

Après la lettre ouverte de Kay Fanm (plus d’info en cliquant ici) et celle de la CONAP, le mouvement d’opposition à la fermeture annoncée du Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes en Haïti prend de l’ampleur de jour en jour. Dernier en lice, l’organisme MOUFHED donne son appuie à cette levée de boucliers dans leur dernier communiqué de presse (disponible seulement en créole).

KONAP di Wi pou yon Ministè Kondisyon Fanm ak Dwa Fanm
K ap defini politik piblik ak règleman pou chanje kondisyon fanm ayisyèn !

Depi lendepandans fanm ayisyèn ap goumen. Soti lane 1930 rive jounen jodi a, yo pa sispann goumen pou fè rekonèt epi respekte dwa yo kòm moun, kòm sitwayèn. Yo bay lebra ak lòt mouvman sosyal yo, paske defann kòz fanm, sa vle di batay pou transfòme sosyete a, pou kaba inegalite.

An 1986, lè pèp ayisyen rive soti anba rejim bout di Divalye a, fanm yo te leve kanpe toupatou nan peyi a pou fè konnen demokrasi pa p kapab  fèt san patisipasyon yo. Se konsa 3 avril 1986, plis pase 30 mil fanm te fè tande soukous yo nan Pòtoprens, e plizyè santèn te pouse rèl yo nan pwovens yo.  Depi lè a, fanm pa sispann mache kontre ak fanm parèy yo, pou konstwi òganizasyon, pou mete fòs  yo  ansanm, pou fè tande vwa  yo  sou kouman bak peyi a dirije.

Nan lit n ap mennen depi digtantan, nou ranmase anpil gany. Rezilta batay nou pèmèt anpil baryè kraze, nan edikasyon, fòmasyon, travay, patisipasyon epi nan fè konprann dwa fanm se dwa moun. Pwogrè sa yo bon pou tout sosyete  a  nèt. Mobilizasyon ak pledwaye fè  nou  vin genyen yon Ministè Kondisyon Fanm, ki  se yon zouti anndan pouvwa Ekzekitif la. Se pa t yon kado. Ministè a la pou panche sou inegalite ant fanm ak gason nan sosyete a. Li la pou veye pou enterè fanm yo pran an konsiderasyon nan tout kote dezisyon ap pran pou peyi a.

Un acquis politique pourcombattre les discriminations et les violences de genre

[vèsyon kreole pi ba]

Depuis la création, le 8 novembre 1994, du Ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes (Mcfdf),il faut, à chaque changement de pouvoir, que le mouvement des femmes haïtiennes se mobilise pour dire Non aux velléités de nier cet acquis politique.

L’équipe du Président Michel Martelly ne se donne même pas la peine d’expliquer ce qui pourrait justifier la décision de fermer le Ministère à la Condition féminine. Au-delà des précautions de langage, c’est bien de disparition sur l’échiquier politique national qu’il s’agit, lorsque le Premier ministre désigné, M. Daniel-Gérard Rouzier, déclare que la Condition féminine sera intégrée au Ministère des Affaires sociales et du travail (MAST), sans moindrement préciser la nature de la structure en question.

Pourquoi cette volonté de priver le pays d’un instrument politique qui a permis de faire des avancées notables en termes d’égalité des droits pour 52 % de la population ?

Différentes arguties ont été avancées auparavant pour prétendre fermer le Ministère à la Condition féminine. Il y a notamment lieu de retenir : la disponibilité budgétaire, l’inefficacité et l’inutilité.

Disponibilité budgétaire : Pour 2010-2011, le budget du ministère à la Condition féminine a été d’environ 37 millions de Gourdes. Ces montants ne sauraient en aucun cas sortir le pays du marasme économique.

Inefficacité : Le ministère à la Condition féminine accuse certes des insuffisances, tout comme toutes les autres institutions de l’appareil d’État : Présidence, Primature, Parlement, Judicaire, ministères, mairies, collectivités territoriales et institutions indépendantes telles que le Conseil électoral, etc.

  • L’illettrisme et l’éducation au rabais sont des phénomènes patents. L’analphabétisme frappe davantage les femmes et les filles. La formation professionnelle est presque inexistante dans le secteur public.
  • La grande majorité des populations n’a toujours pas accès, de manière continue et satisfaisante, aux soins de santé. La plupart des femmes accouchent sans assistance médicale. La mortalité maternelle est l’une des plus élevée au monde ; Les familles monoparentales féminines sont légion dans le pays.
  • L’insécurité alimentaire est une donnée avec laquelle doit compter les populations, en particulier les groupes marginalisés ruraux et suburbains où prédominent les femmes. Le droit à l’alimentation n’est pas respecté. La paysannerie ne bénéficie pas d’un encadrement apte à lui permettre de se relever dignement et efficacement.
  • Les dysfonctionnements de la justice sont notoires. L’insécurité est un phénomène récurent, peu contrôlé.

Les ministères de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et de la justice, pour ne citer que ceux là, existent depuis fort longtemps, avec leurs faibles performances et l’absence d’esprit de service public Pourtant, il ne vient pas à l’idée d’un quelconque pouvoir de les fermer. Par contre, l’on menace de disparition l’une des institutions les plus récentes, le Ministère à la Condition féminine, qui pourtant a 17 ans d’existence.

Inutilité : L’existence du ministère à la Condition féminine se justifie par la nécessité de prendre en compte, au plus haut sommet de l’État, les rapports sociaux de sexe et leurs incidences dans tous les domaines. La mission du ministère est de promouvoir et défendre les droits fondamentaux des femmes/filles et, ce faisant, de contribuer à instaurer une meilleure cohésion sociale. Cela à travers la définition et l’application de politiques et programmes publics visant l’égalité des sexes, la lutte contre les violences de genre et la féminisation de la pauvreté, et en s’assurant du caractère transversal de ces orientations dans l’action gouvernementale. Cela répond aux prescrits de la Constitution de 1987 et aux engagements pris par Haïti en signant les conventions internationales relatives aux droits de la personne et aux droits spécifiques des femmes et des filles, en tant que personnes et citoyennes.

S’il s’agit réellement, comme se plait à le déclarer le Président Martelly, de redresser l’État et d’oeuvrer à l’édification d’une société fondée sur le droit et le respect des droits de la personne, il importe que le Ministère à la Condition féminine joue pleinement son rôle et soit plutôt résolument renforcé dans ses capacités pour la pleine réalisation de sa mission.

Les militantes des droits des femmes que sont les féministes rêvent du jour où le Ministère à la Condition féminine ne sera plus nécessaire, car les droits fondamentaux des femmes et des filles seront pleinement reconnus, respectés et l’égalité des chances sera une réalité tangible. Les féministes rêvent aussi du jour où la Secrétairerie d’État à l’alphabétisation n’aura plus de raison d’être, parce que les enfants des deux sexes non scolarisés, qui deviennent des adultes analphabètes, auront eu dès la petite enfance l’opportunité de recevoir une instruction de qualité qui leur permettra d’être des citoyens et citoyennes qui participent activement au devenir de leur pays.

Port-au-Prince, le 31 mai 2011

Pour Kay Fanm,

Danièle Magloire

 

Les organisations suivantes appuient la déclaration de Kay Fanm en faveur du maintien du Ministère à la condition féminine et aux droits. Ces organisations demandent au nouveau gouvernement et au Parlement de doter le ministère des ressources nécessaires à l’accomplissement de sa mission en matière d’égalité.

1. Concertation nationale contre les violences faites aux femmes ; Réseau national d’organisations

2. Centre de promotion des femmes ouvrière (CPFO) ; Région métropolitaine de Port-au-Prince, département Ouest

3. Fanm Yo La /Les femmes sont là (Collectif féminin haïtien pour la participation politique des femmes)

Région métropolitaine de Port-au-Prince, départements Sud, Sud-est, Nord

4. Mouvement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement (MOUFHED)

Région métropolitaine de Port-au-Prince, départements Artibonite, Ouest, Nord, Nord-est, Sud-est

5. Asosyasyon fanm solèy d Ayiti /Association des femmes soleil d’Haïti (AFASDA)

Départements Nord, Nord-est, Nord-ouest

6. Fanm lakay /Femmes du terroir ; département Nord

7. Kódinasyon fanm Nódès /Coordination des femmes du Nord-est ; département Nord-est

8. Mouvman fanm Nip /Mouvement des femmes de Nippes (MOFAD – Nippes) ; département Nippes

9. Mouvman fanm Ansavo /Mouvement des femmes d’Anse à veau (MOFA) ; département Nippes

10. Komite fanm Gabou /Comité des femmes de Gabou ; Commune de Petite Rivière, département Nippes

11. Groupman fanm Duverger /Groupement des femmes de Duverger ; Commune de Miragoâne, département Nippes

12. Rasanbleman fanm Nip /Rassemblement des femmes de Nippes (RAFANIP) ; département Nippes

13. Konbit fanm peyizàn Abraham /Rassemblement des paysannes de Nippes (KOFA) ; département Nippes

4ème section communale de Miragoâne, département Nippes

14. Alternative action verte ; Réseau d’organisations du département des Nippes
15. Groupement pour la relance de l’économie des femmes en association par coopérative (GREFACOOP)

Commune de Delmas, région métropolitaine de Port-au-Prince, département Ouest

16. Coalition des femmes de la 3ème circonscription de Port-au-Prince (KOFATRA) ; Martissant, département Ouest

17. Réseau des femmes progressistes pour le développement d’Haïti (RFPDH) ; département Ouest

18. L’espoir des femmes haïtiennes de Petit-Goâve (EFHPG) ; département Ouest

19. Association des femmes actives de Saint Louis du Sud (AFAS) ; département Sud

20. Femmes actives de la Savanne (FAS) ; département Sud

21. Association des femmes progressistes de Flamand (AFPF) ; département Sud

22. Association des femmes pour le développement des Anglais (AFDA) ; département Sud.

Communiqué du 23 mai 2011

La Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) donne suite à la requête du Collectif contre l’impunité  et enjoint l’État haïtien à enquêter et poursuivre les crimes commis sous le régime de l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier

Point focal : Centre œcuménique des droits humains (CEDH)  –  cedh@cedh-haiti.org 

Ce 17 mai 2011, la  Commission inter-américaine des droits de l’Homme (CIDH) a formellement donné suite à l’audience du 28 mars écoulé accordée au Collectif contre l’impunité réunissant  des plaignants-es, contre l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier et consorts, et des organisations de  défense des  droits   humains  (Centre  œcuménique  des  droits  humains – CEDH, Kay   Fanm – La  maison des femmes, Mouvement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement – MOUFHED, Réseau National de Défense des droits humains  – RNDDH).

L’Etat haïtien, qui était présent à cette audience par l’entremise du Ministère de la justice, avait exprimé sa volonté de juger les violations des droits humains en question et sollicité l’appui technique de la CIDH.

La  Commission est,   avec la  Cour  interaméricaine  des droits   de   l’Homme,   l’un des deux  organismes   de   protection  des  droits humains  de   l’Organisation   des  États   américains   (OEA).  Créée en 1959, la CIDH  vérifie l’accord du droit de chaque  État avec la Convention américaine des droits de l’Homme, dite « Pacte de San Jose de Costa Rica » ; Convention à laquelle Haïti a adhéré le 14 septembre 1977.

Dans le journal Le Nouvelliste (version électronique du 4 mai et publication du 5 mai 2011) figure un article, signé de M. Guyler C. Delva, intitulé «Reuters Foundation lance un forum sur la violence sexuelle contre les femmes ». Kay Fanm et SOFA (Solidarité des femmes haïtiennes) sont stupéfaites de voir que leurs noms sont mentionnés comme « groupes de défense des droits des femmes […] appelés à jouer un rôle important dans ce forum qui sera un lieu de discussions ouvertes sur la problématique de la violence sexuelle exercée contre les femmes ». Kay Fanm et SOFA tiennent à informer le public en général, les organisations de femmes et les organisations féministes en particulier, qu’elles ne sont pas impliquées dans ce forum de la fondation Thomson/Reuters qui se tient le vendredi 6 mai.

Danièle Magloire (Kay Fanm) et Olga Benoit (SOFA)

April 28, 2011 by Gina Athena Ulysse

Haitian feminist Yolette’s Jeanty‘s name may not ring a bell, but her tireless work has been rightfully recognized recently. As executive director of Kay Fanm (in Kreyol, House of Women)–an organization whose mission is to fight for social justice and women’s rights–Jeanty has been an advocate and supporter of women and girls for decades.

This past Tuesday, April 26, at the seventh annual Global Women’s Rights Awards, the Feminist Majority Foundation honored Jeanty and three other feminist activists, including Sunita Viswanath, founder of Women for Afghan Women ; Renee Montagne, co-host of NPR’s Morning Edition ; and Aung San Suu KyiBurma’s democracy movement leader and Nobel Peace Prize laureate.

The Eleanor Roosevelt Award, which these women received, is “given annually to a select few individuals who have contributed significantly–often against great odds and at great personal risk–to advance the rights of women and girls and to increase awareness of the injustices women face on account of their gender.”  Past honorees include Laurie David, environmental crusader and producer of An Inconvenient Truth ; Dolores Huerta, the human-rights activist and co-founder of the United Farm Workers ; Jody Williams, coordinator of the International Campaign to Ban Landmines and a Nobel Peace Prize laureate ; and Ms. magazine cofounder and feminist stalwart, Gloria Steinem.

At the event, co-chaired by Mavis and Jay Leno together with Eleanor Smeal, Jeanty spoke of the difficulty that small, women-led NGO’s such as Kay Fanm face. In the panel discussion that concluded the night’s activities, Kathy Spillar, executive editor of Ms. magazine and executive vice president of the Feminist Majority Foundation, pointedly asked Jeanty why so little, if any, of the billions of dollars raised for Haitian earthquake victims still has not reached grassroots organizations such as Kay Fanm.

Jeanty’s response revealed the complex interconnections between Haiti’s compromised sovereignty and the distribution of international funds, and how Haitians are thus impeded from playing a larger role in their own affairs :

Most of the money went to big NGOs or is being dispersed by the HIRC (Haiti International Reconstruction Committee) headed by Bill Clinton. Decisions are being made mostly by foreigners. [We have to deal with] 1) people who don’t think Haitian can do for ourselves, so they will do for us ; 2) those who are there only to fill their pockets or 3) those with really good intentions who have no knowledge of the terrain. For the last year, Kay Fanm has been working to educate our foreign partners especially in the reality of life on the ground, and has asked them to put pressure on their governments to change the ways things are being done.

Serving as her translator, I had the opportunity to speak further with Jeanty. We discussed the delicate issue of the impact of media’s and even feminist reporting’s nearly solitary focus on gender-based violence and rape in Haiti. Indeed, in the last year, since the initial Madre report on rape in IDP camps in Haiti, this issue continues to garner tremendous attention. Jeanty is concerned that other persistent issues, such as battery and domestic violence–the percentage of which is higher than rape–has been marginalized. Since the quake, prostitution has also skyrocketed, yet remains undiscussed. Moreover, the structural, social, economic and political problems that undergird the tendency for violence also fall by the wayside. She said :

[In some ways], this attention is undoing our efforts. Work that we have done for years. Rape and gender-based violence existed well before the earthquake. It is not a new phenomenon. Whenever there is political turmoil, it is on the bodies of women that the battle is fought. In times of crises, it always increases everywhere. The situation for Haitian women is no different. … Worse, this emphasis hurts for the way that it represents Haitians solely as predators and victims.

This recognition could not arrive at a better time, bringing attention to Jeanty and the work of Kay Fanm. The organization has yet to recover from the serious setbacks endured in the earthquake, including the loss of founding members and allies as well as destruction of their property, which has yet to be rebuilt. Kay Fanm continues to struggle to offer shelter, along with medical and legal assistance, to girls and women in need.

In spite of the fact that Kay Fanm does not provide abortions, the organization also recently fell victim to the anti-abortion wave that threatens funding of women’s health across the world. Earlier this month, they lost the financial backing of Canada’s Development and Peace, which has supported them for the last 20 years. The Canadian organization bended under pressure from the Canadian Conference of Catholic Bishops, which has called for halting funds to organizations that are not pro-life.

Jeanty hopes this award will open doors for Kay Fanm in the U.S. to work in solidarity with new partners, especially other feminist organizations who are as determined to win the fight for women’s equal rights and empowerment.

The Feminist Majority Foundation’s Eleanor Roosevelt Awards for Global Women’s Rights are held at the Beverly Hills Hotel on Tuesday.

By April 27, 2011 7 :58 pm ET

Via http ://patch.com/california/beverlyhills/lenos-host-event-honoring-extraordinary-women

Mavis and Jay Leno hosted an event Tuesday night in Beverly Hills to recognize the courage of people fighting on the front lines for women’s rights worldwide.

The seventh annual Eleanor Roosevelt Awards for Global Women’s Rights presented by the Feminist Majority Foundation were held at the Beverly Hills Hotel.

Mavis Leno has been a member of the Feminist Majority Foundation since 1997 and is chair of the organization’s Campaign for Afghan Women and Girls.

“I’ve been a feminist all my life and I just felt like I wanted to give back,” Mavis Leno said. “I felt there were some things that feminists in the U.S. weren’t addressing, like helping our sisters in other countries, so the Feminist Majority Foundation was exactly what I was looking for, because it helps women in the U.S. and globally.”

The Lenos host the awards ceremony every year because it is an effort they both support, Jay Leno said.

“It’s a great cause—and there are a lot of great causes out there, so you try to do them all—but this is a very special one for us,” he said.

The event brings awareness to how women are treated in other countries such as Afghanistan, Jay Leno said.

“When you talk to people, they think Afghanistan has always been that way, but it hasn’t. Women used to be doctors and lawyers,” Jay Leno said. “The Taliban is like modern day slavery and it’s happening right in front of people’s eyes and they don’t see it.”

This year’s awards honored four women who have worked to make the world a better place for women and girls, often at great personal risk to themselves. The honorees were Yolette Jeanty, a leader of one of Haiti’s most powerful feminist organizations ; Renee Montagne, correspondent and co-host of National Public Radio’s Morning Edition ; Sunita Viswanath, founder of Women for Afghan Women ; and Aung San Suu Kyi, Nobel Peace Prize laureate and leader of the democracy movement in Myanmar.

“People need to know what these women are doing. We need to get money to these grass-roots organizations, and that’s one of the things the Feminist Majority Foundation does,” said Katherine Spillar, executive editor of Ms. magazine and one of the evening’s presenters. “We try to make sure that humanitarian assistance money is earmarked for women and girls in areas where it is going.”

In Haiti, Jeanty leads Kay Fanm in its efforts to eradicate rape and violence against women in the aftermath of last year’s earthquake.

“I feel very honored, not just for myself, but for my entire country, and for the organization that I am representing,” Jeanty said, speaking in French through a translator. “This is an opportunity to let people know about the situation in Haiti. Women were already living in a precarious situation, and it has deteriorated since the earthquake.”

Montagne has traveled to Afghanistan five times for NPR, reporting on the hardships and triumphs of women and girls in that war-torn country.

“It was an inspiring place to go,” Montagne said. “You start caring about the women there—and they are very strong women.”

Viswanath founded Women for Afghan Women 10 years ago in New York City. The organization establishes centers for women in Afghanistan whose lives are threatened by domestic violence.

“Over the years we have grown by leaps and bounds in Afghanistan. We have lawyers who help women who experience human rights violations,” Viswanath said. “Our methods are very community-based. We solve the problems using the traditions of the community.”

Suu Kyi has remained a tireless advocate for human rights in Myanmar, despite serving 15 years under house arrest. Suu Kyi was not present to receive her award because, while she has been released from house arrest, she cannot leave the country.

“If she leaves, they won’t let her back in,” said Eleanor Smeal, president of the Feminist Majority Foundation. “She has led the democracy movement in Burma [now known as Myanmar] with great personal sacrifice.”

The awards were preceded by a silent auction and then a live auction with Jay Leno serving as auctioneer. A panel discussion was held after the awards to discuss the work of the honorees and how the work of the Feminist Majority Foundation intertwines with what they are doing.

“I don’t think people are aware of how many women’s organizations are fighting for women’s rights around the world—and in some of the most dangerous places,” Smeal said.

Kay Fanm travaille au développement d’un programme de bourses d’étude pour les jeunes filles et adolescentes victimes de violence sexuelles. Suite à de telles agressions, ces enfants sont souvent mis à la porte de la maison familiale avec un nouveau-né à leur charge, ce qui assombrit leurs perspectives d’avenir. Pour celles qui sont en domesticité, la plupart sont jetées à la rue par les familles-patrons dès que la nouvelle de leur grossesse est connue alors que ce sont souvent les hommes de ces familles qui sont à l’origine de leur état.

17 jeunes ont déjà bénéficié cette année du support  de Kay Fanm dans le cadre d’un programme de formation professionnelle orienté vers les métiers de la construction, en partenariat avec les Salésiens/OPEPB et Terre des Hommes Suisse.

L’objectif visé par Kay Fanm est de contribuer à la réhabilitation sociale des jeunes filles et adolescentes victimes de violence sexuelles en permettant à 60 filles/an d’atteindre un niveau d’étude plus avancé.

Kay Fanm estime que cet appui devrait faciliter leur intégration au marché du travail dans des conditions plus dignes.

Guerty Aimé

La directrice et cofondatrice de Kay Fanm, Yolette Jeanty, recevra à Los Angeles le 26 avril 2011 le prestigieux Global Women’s Rights Award. Remis depuis quinze ans par l’organisme américain Feminist Majority Foundation, lui-même nominé en 2002 pour le Prix Nobel de la paix, ce prix vise à souligner la contribution significative de femmes à travers le monde qui travaillent à l’avancement des droits des femmes et des filles ainsi qu’à la sensibilisation face aux injustices subies par les femmes en raison de leur genre. Madame Jeanty recevra ce prix au Beverly Hills Hotel des mains du célèbre animateur américain Jay Leno et de sa femme Mavis Leno, les deux co-présidents de ce gala. Les trois autres récipiendaires de ce prix cette année sont la lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, la journaliste Renee Montagne et la militante afghane Sunita Viswanath. Ce prix est remis à Yolette Jeanty pour son travail, principalement à Kay Fanm, depuis plus de vingt-cinq ans auprès des femmes victimes de violence et à la défense des droits des femmes haïtiennes.