PORT-AU-PRINCE – Les organisations de droits humains Kay Fanm, SOFA, RNDDH, CE, JILAP, CARDH, POHDH s’insurgent contre les propos irrévérencieux prononcés par l’ancien président Michel Joseph Martelly à l’encontre de personnalités publiques du pays à la suite de ses interventions le 9 février 2017, à l’émission Canal Musical, diffusée sur les ondes de la Radio Caraïbes, avec l’animateur – présentateur Marc Anderson Brégard, qui avait reçu l’ancien chef de l’Etat.

Au cours de cette émission, Joseph Michel Martelly s’est attaqué directement à deux journalistes connus, à savoir, Jean Monard Métellus et Marie Liliane Pierre-Paul faisant référence à eux, par des sobriquets, et utilisant des propos aussi regrettables qu’irrévérencieux, selon un document transmis au journal en date du 16 février 2017.

Michel Joseph Martelly a aussi profité du microphone qui lui était offert pour faire la promotion de sa méringue carnavalesque de 2017, qui, comme celle de l’année 2016, dénigre les journalistes susmentionnés. Il s’agit-là d’une atteinte grave à leur dignité et au principe général de respect mutuel. De plus, il est choquant que des médias et des particuliers acceptent de diffuser cette méringue qui, normalement, aurait dû être censurée par les autorités étatiques concernées.

Face à ces dérives, Kay Fanm – SOFA – RNDDH – CE-JILAP – CARDH – POHDH condamnent cette attitude de Michel Joseph Martelly qui, depuis l’accession à la magistrature suprême de son protégé Jovenel Moïse, fait montre d’une arrogance sans pareille et semble ne vouloir se courber à aucune règle morale et éthique.

Kay Fanm – SOFA – RNDDH – CE-JILAP – CARDH – POHDH regrettent qu’une telle émission ait pu se réaliser sur le lieu de travail du journaliste Jean Monard Métellus.

Par ailleurs, les encouragements et les rires égrillards de l’animateur – présentateur de l’émission, ainsi que des jeunes personnes présentes au studio, inquiètent au plus haut point les organisations susmentionnées, car ils témoignent d’un manque d’esprit critique et d’une mentalité sexiste clairement affichée.

Kay Fanm – SOFA – RNDDH – CE-JILAP – CARDH – POHDH estiment que ce comportement ainsi que les propos vulgaires et irrévérencieux de Michel Joseph Martelly avilissent la fonction de président qu’il a occupée pendant cinq (5) ans.

Haïti est aujourd’hui meurtrie ! Les actes de corruption, de malversation et de mauvaise gouvernance des autorités étatiques qui se sont succédé à la tête du pays ont laissé un Etat faible, ne pouvant offrir à ses ressortissants ni les services de base, ni les prestations auxquels ils ont droit.

P-au-P, 26 janv. 2017 [AlterPresse] — L’organisation féministe Kay fanm dénonce le viol collectif, perpétré sur une adolescente de 17 ans, au cours de ce mois de janvier 2017, à Pétionville (périphérie est de la capitale).

« Des filles et des femmes sont victimes de viols au quotidien. Cependant, le cas de l’adolescente de Pétionville a suscité plus de réactions, du fait que la vidéo a été publiée sur les réseaux sociaux », déplore la sociologue Danièle Magloire, coordonnatrice de Kay Fanm, dans un entretien à AlterPresse.

Le cas de la jeune fille comporte une nouvelle dimension, du fait de l’utilisation des réseaux sociaux. Ceci démontre la conception de ses « prédateurs », qui voient, dans le corps de la femme, « un morceau de viande », qu’ils peuvent utiliser à leur guise, s’indigne Kay Fanm.

Il revient à l’État d’opposer une réponse à cet acte, en poursuivant les coupables et en developpant une stratégie de prévention en ce qui concerne l’utilisation des réseaux sociaux.

L’État se doit de se procurer les moyens pour remonter jusqu’aux coupables, souhaite Kay Fanm, soulignant n’avoir pas été approchée par l’adolescente violentée, ni par ses parents.

L’objectif de Kay fanm et de toutes les autres organisations de défense des droits de la femme, c’est de voir, un jour, disparaître toutes les formes de violences faites aux femmes, rappelle la sociologue Danièle Magloire.

Les responsables de la section des affaires sociales du conseil municipal de Pétionville ont rencontré, le jeudi 26 janvier 2017, les parents de l’adolescente violentée, fait savoir, de son côté, le maire principal de Pétionville, Dominique Saint-Roc.

Ils évaluent, présentement, le type d’accompagnement que nécessite le cas de la jeune fille de 17 ans, ajoute Saint-Roc.

Dans le cadre de ce dossier, les dénommés Whisky, Rêne Rony alias Roro, Toto, Sonson sont activement recherchés par la police pour viol collectif et association de malfaiteurs.

Les sénateurs Youri Latortue, Jean Renel Sénatus ainsi que le commissaire du gouvernement, près le tribunal civil de Port-au-Prince, Jean Danton Léger, offrent une récompense de 500 mille gourdes (US $ 1.00 = 68.00 gourdes ; 1 euro = 78.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui), à quiconque fournirait des informations pouvant conduire à l’arrestation des violeurs.

Un appel à la compassion circule actuellement sur les réseaux sociaux, demandant à quiconque, qui aurait reçu la vidéo du viol, de l’effacer.

Suite à la plainte, déposée, le mardi 24 janvier 2017, par l’adolescente violentée, une opération, menée par la Police nationale d’Haïti (Pnh), a permis l’arrestation de 12 individus.

Il s’agit de Chrislande Charles (16 ans) ; Diovano Blémur (19 ans), Jean Henry Emile (44 ans) ; Mackensen Sylvain (41 ans), Jimmy Fénelon (34 ans) ; Jocelyn Bozil (39 ans) ; Edelson Charles (22 ans) ; Doudou Remé (25 ans) ; Jean François Débrosse (23 ans) ; Michel Gay (18 ans) ; Mike Massenat (29 ans) ; Ressonge Etienne (32 ans). [am emb rc apr 27/01/2017 15:35]

Pour commémorer cette journée du souvenir qu’est le 12 janvier, les féministes de la CONAP (Coordination Nationale de plaidoyer pour les droits des femmes) se retrouveront de 10h00 à 1h00 pm au local de la SOFA (Solidarité des femmes haïtiennes), au 9 rue Villemenay, Bois Verna (en face de Radio Kiskeya).

Rejoignez-nous pour saluer collectivement la mémoire de tous/toutes nos compatriotes disparus, en particulier celle de nos sœurs féministes (Anne-Marie Coriolan, Magalie Marcelin, Myriam Merlet) et des autres femmes fauchées le 12 janvier 2010.

À l’occasion de la Journée internationale contre la violence faite aux femmes le 25 novembre dernier, Kay Fanm a déployé une série d’activités à travers Haïti. Des projets d’animation, de distribution de matériel d’information et de sensibilisation, posters et interventions dans les médias ont eu lieux jusqu’au 10 décembre dans le Département de l’Ouest, celui du Sud-Est et le Département des Ne Collectif contre l’impunité, dont fait parti Kay Fanm, dévoilait hier un amicus curiae dans les locaux du Réseau national de défense des droits humains. Cet avis juridique démontre que :

– le droit international s’applique en Haïti
– il n’y a pas de prescription, ni d’amnistie pour les crimes contre l’humanité
– des crimes contre l’humanité ont été allégués sous le gouvernement de Jean-Claude Duvalier
– des crimes dans le droit haïtien en vigueur peuvent constituer des crimes contre l’humanité
– Jean-Claude Duvalier est responsable des actes délictueux commis par l’État haïtien
– Jean-Claude Duvalier peut être poursuivi

Le contexte national continue cependant à provoquer de graves inquiétudes et porte notamment à s’interroger sur la volonté politique de l’État à tout mettre en œuvre pour que la justice puisse effectivement suivre son cours alors que la justice haïtienne est incapable de faire respecter une assignation à résidence et que l’on note des actes d’intimidation à l’encontre de médias donnant écho au dossier tels que Radio Kiskeya et Mélodie FM.. Réclamer que Jean-Claude Duvalier rende compte des actes de ses 15 ans de pouvoir sans partage est une exigence éthique.

Il y a présentement 22 plaintes déposés au parquet de Port-au-Prince contre l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier.

Documents relatifs :
Communiqué du Collectif du 14 décembre 2011 (créole – PDF)
Communiqué du Collectif du 14 décembre 2011 (français – PDF)
Fiche d’information sur l’amicus du 14 décembre 2011 (créole – PDF)
Fiche d’information sur l’amicus du 14 décembre 2011 (français – PDF)

 

Les versions complètes de ces documents sont plus bas.

 

La Concertation nationale contre les violences faites aux femmes, dont fait partie Kay Fanm, publie les données partielles 2009-2011 des cas de violence conjugale à Port-au-Prince. Les organisations et institutions membres du réseau de la Concertation nationale ont répertorié en 24 mois -de juillet 2009 à juin 2011- 3 098 cas de violence, frappant des hommes et des femmes issus des régions suscitées.

Sur ces 3 098 cas,  858 concernent des hommes (28 %) et 2 240 des femmes (72 %). Les cas ont été traités à partir de la Fiche nationale d’enregistrement.

67 % des cas de violence (hommes et femmes) ont été enregistrés par le secteur santé,  25 % par des organisations de femmes (qui accueillent 34.5 % des femmes violentées, les réfèrent pour la prise en charge médicale et assurent leur accompagnement psychosocial et légal) et 7 % par le secteur justice (Tribunaux de Paix et Parquet).

DONNÉES JUIL 2009 – JUIN 2011, CONCERTATION NATIONALE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES (PDF)
Pour rejoindre Kay Fanm :
11, rue Armand Holly, Pacot
Tel : 28-16-21-33 / 28-16-21-34 / 29-40-58-37 / 29-41-58-37
Courriel : info@kayfanm.org

 

Kay Fanm a profité de la période entre la Journée internationale contre la violence faite aux femmes le 25 novembre et la commémoration de la Déclaration universelle des droits de la personne le 10 novembre pour déployer une série d’activités dans les zones les plus affectées par le séisme et les zones d’intervention des membres de la Concertation nationale contre les violences faites aux femmes. Des séances d’animation, de distribution de matériel d’information, de référence et de sensibilisation, l’affichage de posters et des interventions dans les médias ont eu lieu durant cette période symbolique dans le Département de l’Ouest, celui du Sud-Est et le Département des Nippes.

Une des présentations de Yolette Jeanty, ici avec des membres de la coopération canadienne.

La directrice de Kay Fanm Yolette Jeanty termine aujourd’hui un voyage officiel de quelques jours au Québec et au Canada où elle a participé à plusieurs conférences et rencontres grâce à l’invitation de l’Association québécoise des organismes en coopération internationale (AQOCI). Elle a été ainsi l’une des invités de marque d’une conférence la semaine dernière à Montréal de l’AQOCI en collaboration avec le Regroupement des maisons d’hébergement du Québec. La conférence dans le cadre des Journées québécoises de la solidarité internationale avait pour thème le mouvement des femmes et la mobilisation citoyenne en Haïti. Elle a permis d’aborder les différentes problématiques actuelles auxquelles sont confrontées les femmes haïtiennes ainsi que les possibilité de renforcer le réseautage entre certains organismes québécois et Kay Fanm. Cet événement a été organisé par le Comité québécois femmes et développement de l’AQOCI et le Comité de solidarité Trois-Rivières.

Madame Jeanty a d’ailleurs été invitée dans les studios de la radio de Radio-Canada où elle a accordé une entrevue à l’animateur Frédéric Laflamme qui est disponible sur le site de Radio-Canada.

La Concertation Nationale salue la mémoire de la militante Sonia Pierre

Konsètasyon Nasyonal kont vyolans sou fanm (Konsètasyon Nasyonal) aprann ak kè kase, kè sere nouvèl lanmò sibit dominkèn-ayisyèn Sonia Pierre ; Yon militant dwa moun, an patikilye dwa Ayisyen ak Ayisyèn k ap viv an Dominikani.

Sonia Pierre, fondatris òganizasyon MUDHA (Movimiento de mujeres dominico-haitianas/Mouvman fanm dominikèn-ayisyèn), te angaje ak detèminasyon e san pran souf nan batay pou defann dwa moun, espesyalman dwa fanm, dwa Ayisyèn ki imigre an Dominikani. Nan semenn ki sot pase yo, Sonia te anba gwo atak ; Yon kanpay ki te gen kòm makfabrik anti ayisyen, kote se nasyonalis radikal ki t ap bouyi li, etan yo t ap fè menas lanmò sou Sonia Pierre ak fanmi li. Men, menas ak atak pa t janm rive fè Sonia Pierre bat ba nan batay pou lajistis, pou tabli rapò balanse nan sosyete a.

Konsètasyon Nasyonal prezante tout senpati li bay fanmi Sonia Pierre, zanmi li, sè li yo nan mudha, tout kanmarad li yo an Dominikani ak ann Ayiti.

Militantis Sonia Pierre ak kòz li pa sispann plede yo, pèmèt gen pwogrè enpòtan nan batay pou fè respekte dwa moun. Egzanp sa a ap yon sewòm pou rapouswiv ak batay endispansab sa a.

Pòtoprens, 5 desanm 2011
Pou Komite Kòdinasyon an
Dr Nicole Magloire

L’arrestation de Jean-Claude Duvalier le 18 janvier dernier – Photo : Thony Belizaire / AFP

Dans la foulée du dépôt du rapport On ne peut pas tuer la vérité d’Amnesty International, le Collectif contre l’impunité réaffirme son refus de la négation du droit et donc de l’impunité qu’elle engendre. «Juger Jean-Claude Duvalier peut être une opportunité de transformer notre système de justice, d’ouvrir la voie pour exiger que d’autres violateurs, quels qu’ils soient, rendent comptent à la nation», rappelle le dernier communiqué du Collectif, L’impunité ne peut être le destin d’Haïti, publié le 22 septembre.

Regroupant des plaignants-es contre l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier et différentes organisations de défense des droits humains dont KAY FANM, le Collectif contre l’impunité est très inquiet quant aux risques, dans le contexte actuel, que l’on n’assiste pas à la tenue d’un véritable procès équitable «mettant en lumière les mécanismes de la dictature duvaliériste».

Trois commissaires du gouvernement se sont succédés depuis l’ouverture du dossier et aucun appui technique ou recherche de preuves n’a été demandé à d’autres pays ou instances comme la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH). Pendant ce temps, l’ex-dictateur profite de mesures réinstaurées en catimini comme la pension présidentielle et la restitution de biens saisis «malgré les poursuites engagées par l’État à son encontre ; poursuites introduites depuis 1987 et reprises en 2011», précise le communiqué.

Le rapport On ne peut pas tuer la vérité d’Amnesty International est disponible en PDF et en HTML sur le site web d’Amnesty. La conférence de presse dévoilant le rapport s’est tenue malgré les troubles causés par les avocats de Jean-Claude Duvalier et une dizaine de ses partisans venus intimider les personnes présentes.

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COMMUNIQUÉ « L’IMPUNITÉ NE PEUT ÊTRE LE DESTIN D’HAÏTI »

22 septembre 2011, Port-au-Prince

Collectif contre l’impunité

Des plaingants-es, contre l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier et consort, et des organisations de défense des droits humains
Centre œcuménique des droits humains (CEDH)
Kay Fanm (La maison des femmes)
Mouvenement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement (MOUFHED)
Réseau national de défense des droits humains (RNDDH)

Dès le retour en Haïti le 16 janvier 2011 de l’ex Président à vie Jean-Claude Duvalier, des Haïtiens et Haïtiennes se sont mobilisés pour dire NON à l’accommodation à l’inacceptable ; Pour rappeler que notre «pays qui s’était libéré d’un effroyable système d’esclavage, qui avait aidé les combattants de la liberté à travers les Amériques» ne pouvait jeter un tel héritage par-dessus bord et «offrir refuge à ceux-là même qui ont lentement exterminé […] le peuple haïtien, dans le marécage de Fort-Dimanche et partout dans le pays profond. […] Refuge et impunité à ceux qui avaient tranquillement détourné l’argent du pays, dépensant et gaspillant à tous vents, le confiant à la garde de banques étrangères (1)».

Des organisations citoyennes de divers pays et des instances internationales se sont également élevées pour réclamer que l’ex dictateur réponde des crimes contre l’humanité commis sous son règne. Amnistie internationale rappelait que « Tout au long des quinze années pendant lesquelles Jean-Claude Duvalier a occupé le pouvoir (1971-1986), la torture systématique et les autres formes de mauvais traitements étaient monnaie courante en Haïti (17 janvier)». La Concertation pour Haïti (CPH) de Montréal soulignait que «La justice, l’une des bases fondamentales de la démocratie, doit être incluse dans le plan de reconstruction d’Haïti. Sa refondation passe inexorablement par la fin de l’impunité (20 janvier)». Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme rappelait «qu’Haïti a l’obligation d’enquêter sur ces violations graves des droits de l’Homme commises pendant le règne de M. Duvalier qui sont bien documentées. Haïti a également l’obligation de poursuivre ceux qui sont responsables (1er février)». Le Secrétaire général de l’ONU soutenait qu’il «est capital que les autorités haïtiennes prennent toutes les mesures juridiques et judiciaires pour régler cette affaire. Traduire en justice ceux qui se livrent à des crimes contre leur propre peuple, est un message clair aux Haïtiens que l’impunité n’est pas de mise dans le pays (mars)». Suite aux démarches entreprises en mars par le Collectif contre l’impunité, la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) a produit le 17 mai une Déclaration qui rappelle à l’État haïtien son «obligation internationale d’enquêter sur les graves violations des droits humains commises sous le régime de Jean-Claude Duvalier et, s’il y a lieu, d’en punir les auteurs ».

Les plaintes déposées à date, au Tribunal de première instance de Port-au-Prince, ont été considérées recevables et ont été traitées. Le cabinet d’instruction a procédé à des auditions, entre févier et juillet, et a transmis au début du mois de septembre le dossier au Commissaire du gouvernement (Procureur). Ce dernier devra sortir une ordonnance. Au regard des déficiences et dysfonctionnements du système judicaire, le dossier a relativement bien avancé au niveau des premières étapes du processus.

Cependant, le contexte actuel fait peser d’énormes risques quant à la tenue d’un procès digne de ce nom ; un procès sérieux, équitable, mettant en lumière les mécanismes de la dictature duvaliériste. Aucune disposition n’a été prise pour bénéficier concrètement de l’appui technique de la CIDH ; Aucune demande d’informations, de recherche de preuves n’a été produite par devant d’autres pays ou instances ; Depuis l’ouverture du dossier, trois Commissaires du gouvernement se sont succédés ; Des mesures sont adoptées en catimini afin de restaurer l’ex dictateur dans des prétendus droits (pension présidentielle, restitution de biens saisis), ce malgré les poursuites engagées par l’État à son encontre ; poursuites introduites depuis 1987 et reprises en 2011.

En choisissant, en dépit des difficultés connues, de porter plainte contre l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier, les parties prenantes du Collectif expriment et persistent dans leur refus de la négation du droit et donc de l’impunité qu’elle engendre. Juger Jean-Claude Duvalier peut être une opportunité de transformer notre système de justice, d’ouvrir la voie pour exiger que d’autres violateurs, quels qu’ils soient, rendent comptent à la nation.

Port-au-Prince, le 22 septembre 2011
Pour le Collectif contre l’impunité
Danièle Magloire

 

Port-au-Prince, le 7 juillet 2011

Police Nationale d’Haïti (PNH)
Port-au-Prince, Haïti

A l’attention du Directeur du Département
De l’Ouest de la PNH

Objet : Lettre ouverte relative au suivi du dossier de l’agente 03-14-04-06188, victime d’une tentative de viol de la part d’un agent de la MINUSTAH
Monsieur le Directeur,

La présente  correspondance est pour assurer un  suivi au dossier  soumis par  l’agente de  la PNH, Orline Mérilan.  Elle allègue avoir été victime d’une tentative de viol dont le responsable serait un agent de la MINUSTAH.

Ainsi, dans  la nuit du 13 au 14 mars 2011, alors qu’elle se reposait dans  le dortoir pour  femmes du Commissariat de la Croix-des-Bouquets, un agent d’origine pakistanaise, membre de la MINUSTAH, a tenté de la violer.  Celui-ci, dûment identifié  immédiatement  suite  à  la  commission  de  l’agression,  se  nomme Monsieur Muhammad  Naseem  (matricule  FPU 11773).

Suite  à  l’agression,  une  enquête  interne  a  été  entamée  par  la  MINUSTAH  et  l’ONU. Madame  Kabita  Nirola, enquêteuse à  l’Unité des Enquêtes  Internes, a ainsi  contacté et  rencontré  l’agente Orline Mérilan.   À  ce  sujet,  le dernier contact qu’elle a eu avec elle remonte au 13 avril 2011.