Port-au-Prince, le 7 juillet 2011

Bureau de la MINUSTAH
Port-au-Prince, Haïti

A l’attention de M. Mariano Fernandez
Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Haïti

Objet : Lettre ouverte relative au suivi du dossier de l’agente Orline Mérilan, victime d’une  tentative de viol de la part d’un agent de la MINUSTAH

Monsieur le Représentant Spécial,

L’agente de la Police Nationale d’Haïti, Orline Mérilan, a été dans la nuit du 13 au 14 mars 2011, victime d’une  tentative de viol par un membre du personnel de  la MINUSTAH,  Muhammad  Naseem  (matricule  FPU  11773).    Suite  à  l’agression,  une enquête a été entamée par l’Unité d’Enquêtes Internes des Nations Unies.  Madame Kabita Nirola, enquêteuse, a ainsi rencontré, en date du 9 avril 2011, Madame Orline Mérilan.   Depuis  le 13 avril 2011, aucun contact n’est établi avec celle-ci par  l’Unité des Enquêtes Internes de l’ONU ou par tout autre représentant de la MINUSTAH.

Nous déplorons un tel laxisme.  Le mandat dictant la présence de cette Force de maintien de  la Paix est des plus précis :  la MINUSTAH, déployée en Haïti en 2004, a pour  objectif  d’instaurer  un  climat  sûr  et  stable  en  Haïti,  notamment  par  la promotion et la protection des droits de l’Homme.  Ceci passe entre autre par la lutte contre l’impunité et le renforcement de l’État de droit en Haïti.   De surcroît,  tout au long  de  son  mandat,  la  MINUSTAH  s’est  dite  investie  dans  la  prévention  et l’élimination de  la violence contre  les  femmes, dans  la  société haïtienne comme au sein de ses rangs.

Malgré  ces  politiques,  stratégies  et  énoncés  de  principes,  les  immunités  et privilèges  accordés  aux  membres  du  personnel  de  la  MINUSTAH  ont  eu  pour conséquence de trop nombreuses violations des droits fondamentaux des Haïtiennes.  Depuis  son  arrivée  en 2004, plusieurs  comportements  répréhensibles,  effectués par des membres du personnel de  la MINUSTAH, ont été dénoncés.   Trop souvent, nous avons  pu  constater  qu’aucune  sanction  adéquate  n’a  été  mise  en  œuvre  afin  de réprimer  et  d’éliminer  ces  agissements.    À  de  nombreuses  reprises,  le mouvement féministe  haïtien  s’est  publiquement  prononcé,  décriant  cette  injustice  flagrante.

Enquêtes publiques, justices et réparations ont été exigées.  Sans succès.