1984-1986

Période de construction de l’organisation, au cours de laquelle l’accent est mis sur les orientations organisationnelles. Les interventions ciblent fondamentalement des femmes dans des zones rurales et suburbaines de la capitale.

 

1986-1990

Les violations constantes des droits de la personne enregistrées sous les régimes civilo-militaires succédant à la dictature des Duvalier (22 septembre 1957-7 février 1986), portent Kay Fanm à s’engager à fond dans la lutte contre le nouveau visage de la tyrannie.

 

1991-1994

  • Campagnes de dénonciation : des cas de violence à l’encontre des femmes pour motif politique durant le Coup d’État militaire de 1991-1994 ; de la violence d’État.
  • En 1993 Kay Fanm fait de la violence spécifique envers les femmes et les filles son cheval de bataille et entame la mise en place des services d’accompagnement pour les femmes et les filles violentées.
  • En novembre 1993, Kay Fanm coréalise, avec d’autres organisations de femmes, la tenue de la Première rencontre nationale contre la violence envers les femmes.

 

1996

  • En 1996, Kay Fanm initie la réalisation de ses séances de formation, d’information et de sensibilisation autour de la problématique des rapports sociaux de sexe et celle de la violence spécifique envers les femmes et les filles. Depuis lors, ces activités sont réalisées périodiquement.
  • L’organisation produit aussi du matériel d’information et de sensibilisation.
  • Outre des cibles privilégiées (groupes de femmes, groupes communautaires, écoliers/écolières, jeunes des deux sexes) les interventions visent également les intervenants/intervenantes de la chaine pénale (services de police et judiciaires).
  • Kay Fanm mène, conjointement avec d’autres organisations féministes et des groupes de femmes, le plaidoyer pour la ratification par le Parlement de la Convention interaméricaine contre la violence faite aux femmes (Belém do Pará). Le jour de la votation, le 3 avril 1996, la date est proclamée Journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes.

 

1997

  • Kay Fanm initie et coordonne la tenue d’un Tribunal international symbolique sur la violence spécifique envers les femmes.
  • Les recommandations de ce tribunal ont été appropriées par le mouvement féministe pour élaborer et proposer, d’une part, des mesures de prévention des violences et de protection des femmes/filles et, d’autre part, des changements dans la législation visant à garantir plus de droits aux femmes.
  • Les actions de plaidoyer réalisées dans ce cadre, depuis 1998, ont notamment abouti à l’adoption d’une législation sur les agressions sexuelles (Décret loi du 6 juillet 2005) et de mesures relatives à la délivrance du certificat médical aux victimes d’agression.

 

1997-2000

  • Plaidoyer pour le Maintien du Ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes (MCFDF) et la réalisation effective de sa mission (1996-1997) ; plaidoyer conjointement mené avec d’autres organisations féministes.
  • En tant que membre du Comité de négociation des organisations de femmes, Kay Fanm participe en 1998 aux négociations avec le Parlement en vue de l’adoption de lois non discriminatoires pour les femmes et de mesures relatives à la prise en charge adéquate des femmes victimes de violence par les services de Police et Judiciaire.
  • Plaidoyer pour le paiement du congé de maternité des femmes travailleuses (1998-2000)

 

 

1999-2003

Participation à des campagnes diverses contre l’insécurité et l’impunité.

  • Plaidoyer autour des cas emblématiques de violences faites aux femmes et aux filles [Dossier Inès Néval (2 octobre 1998), Dossier Ermithe Dandin et Thérésia Delva (21 décembre 1999), Dossier Natacha Jean Jacques (janvier 2003), dossier Caroline Charles (13 septembre 2007) ]
  • Participation aux activités, en Haïti et au Canada, de la Marche Mondiale des Femmes de l’An 2000 (199-2000).
  • Plaidoyer, conjointement mené avec d’autres organisations, pour dénoncer les conditions d’incarcération et les violences sexuelles subies par des détenues (2002) ;
  • Participation à la Campagne « La santé des femmes est un droit des femmes», menée au niveau de la région Amérique Latine/Caraïbes (RMLAC) et au niveau international (RMDSR) – (2002)
  • Partie prenante des activités du Plan de Plaidoyer de la CONAP (Coordination nationale de Plaidoyer pour les Droits des Femmes) portant sur : les agressions sexuelles, la santé des femmes, le travail des femmes, la féminisation de la pauvreté et le renforcement organisationnel (2002-2003).

 

2004-2009

  • Dans le cadre de la Concertation nationale contre les violences faites aux femmes, Kay Fanm participe activement à la définition des orientations, à la conception et la production des outils, à la formation et à la conduite des actions de plaidoyer.
  • Dans le cadre du monitoring des procès pour violence envers les femmes et les filles, Kay Fanm :
  • Sensibilise les jeunes des deux sexes sur l’importance de la participation aux jurys lors des assises,
  • Fournit un accompagnement aux victimes et à leurs proches,
  • Forme des ressources (les siennes et celles d’autres organisations) pour assurer le suivi des procès et en rendre compte ;
  • Suit les procès, engagés par l’organisation ou par d’autres organisations de femmes ;
  • Elabore des comptes rendus annotés des procès et les publicise.
  • Organisation de deux fora sur les droits des enfants (2007 -2008)
  • Campagnes contre la cherté de la vie et pour les droits à l’alimentation (2007-2008)
  • Partie prenante de la coalition des Organisations non gouvernementales (ONG) et de l’institution nationale des droits humains en Haïti (l’OPC – Office de la protection du citoyen) pour l’élaboration de la contribution collective soumise à l’EPU (Examen périodique universel) du Conseil de Droits de l’Homme de l’ONU, en vue de la 8ème session du Groupe de travail sur l’EPU de mai 2010. (2009).

 

2010

Suite au séisme du 12 janvier, Kay Fanm a réalisé trois (3) interventions liées au contexte national : aide humanitaire, assistance psychologique et intervention psychosociale.

  1. Aide humanitaire aux femmes et filles sinistrées

Vu la difficile situation des personnes sinistrées, en particulier les femmes et leurs enfants, Kay Fanm s’est temporairement engagée dans une action à caractère humanitaire : la distribution de kits sanitaires aux femmes et filles sinistrées. Le but était de contribuer à leur offrir de meilleures conditions d’hygiène pour préserver leur état de santé. L’organisation a particulièrement ciblé les femmes et les filles les plus vulnérables dans certains quartiers (violentées, enceintes, allaitantes, malades, handicapées) et a touché un total de huit cent treize (813) personnes. Cette intervention a été réalisée avec le soutien financier de l’ambassade du Canada et d’UNIFEM (Fonds des Nations Unies pour les femmes).

  1. Redressement socio-économique de 200 femmes affectées par le séisme du 12 janvier 2010
  2. Promotion des mesures de réhabilitation/réinsertion des enfants sinistrées victimes de violences sexuelles et de grossesses précoces

Distribution de bourses pour formation professionnelle de 21 adolescents-es (14 filles et 7 garçons)

  1. Assistance psychologique

Ce service a été offert, grâce à l’appui financier de Droits et Démocratie (Centre international des droits de la personne et du développement démocratique), aux femmes et filles bénéficiaires des services de Kay Fanm et à des groupes de personnes issues des organisations de défense des droits humains et des organisations citoyennes partenaires de Kay Fanm.

Les groupes de parole organisés ont traité des questions suivantes : Examen des symptômes exprimés en tant que réactions normales au stress, expressions du vécu traumatique, récit des pertes, relance de la vie et l’avenir, sortie de l’état de sidération.

  1. Intervention psychosociale dans les camps de personnes déplacées

En collaboration avec la SOFA (Solidarite Fanm Ayisyèn/Solidarité des femmes haïtiennes), et avec l’appui financier et technique d’UNIFEM, Kay Fanm a réalisé une intervention psychosociale dans les camps de personnes déplacées de la région métropolitaine de Port-au-Prince. D’autres institutions se sont associées à l’initiative : APROSIFA (Association pour la promotion de la santé intégrale de la famille), CARE, Croix Rouge, GARR (Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés).

Des équipes mobiles d’intervention psychosociales ont été constituées et déployées dans les camps, afin de sensibiliser sur la violence de genre, prévenir cette violence, identifier les cas et les référer.

Débutée en février 2010, l’intervention s’est achevée en juin 2010.